[Diablo 2/ GW1] RP de Caresse Obsidienne

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[Diablo 2/ GW1] RP de Caresse Obsidienne

Message par CaresseObsidienne le Ven 15 Nov 2013 - 14:01

Date 1

Dix fois la lune a fait glisser ses rayons sur les murailles d'Harrogath, depuis que Tyrael a fendu la Pierre Monde de son épée sacrée. Mes os frissonnent encore lorsque le sommeil me prend, et au matin les yeux du démon brûlent dans les limbes du réveil. Ce combat, qui aura été mon dernier je l'espère, m'a épuisée.
Hier je suis sortie sur la Plaine Sanglante, pour débusquer un groupe de farfadets ayant échappé à la déroute des forces de Baal. Si j'avais eu à accomplir mon destin de libératrice du monde des hommes avec le peu de forces que je possédais ce jour-ci, jamais je ne serais parvenue ne serait-ce qu'à Kurast. J'avais beau concentrer toute mon énergie et toute ma puissance dans l'ajustement de mes flèches intelligentes, ces maudits farfadets disparaissaient trop vite et leurs flammes me brûlaient trop fort. C'est finalement Hassin et l'invocation des Walkyries qui ont fait tout le travail.
Nous avons regagné le campement d'un pas lourd, et Hassin m'a confié son désir de retrouver son frère dans les montagnes du Nord. Comment aurais-je pu refuser de lui rendre sa liberté, à lui qui a mille fois mérité la maigre paie que je lui versais ? Nous nous sommes séparés ce matin, aux portes du campement, et le sable que soulevaient ses pas m'a remplie de nostalgie. Je retrouvais en quelques instants les vibrations infernales qui m'agitaient dans le Sanctuaire du Chaos, et je le voyais, lui, s'élancer pique en avant sur les démons que nous avons chassés à cette époque. J'ai laissé à Hassin un parchemin de Walkyrie, afin que par leur intermédiaire, il puisse me retrouver s'il l'envie le prend. Et tandis que la pointe de son Eventreur disparaissait à l'horizon, je souhaitais vraiment que cette envie le prenne vite. Mais un mercenaire tel que lui est trop friand d'aventures pour chercher à suivre les pas d'une amazone ne désirant que paix et repos. J’ai compris à cet instant que, dorénavant, je serai seule, seule avec mon invocation de Walkyrie et le prestige douloureux d'être une légende vivante. Déjà dans l'Histoire, je sens bien que ma route est parvenue à son terme.

Date 2

Mon coffre est chargé sur la carriole du marchand Warriv ; les derniers feux de la fête qu'on a donnée en l'honneur de mon départ chauffent les corps avinés des barbares épuisés par nos ripailles. Au dessus de nous, la lune tombe doucement sur les cimes d'Arreat. Je n'arrive pas à dormir. Le voyage de demain m'inquiète, car je n'en connais pas la destination, ni le sens. Je sais seulement que je ne peux rester ici. Ce n'est pas chez moi, et malgré l'accueil que me réservent les harroghiens, je ne serai jamais une des leurs.
De toute façon, je ne suis plus une humaine, je suis une légende.  Il n'est pas question de regretter cet état de fait. J'aurais simplement pensé que défaire la plus grande menace qu'ait connu cette partie de l'univers ne m'aurait pas autant exposée à l'isolement. Mais c'est ainsi. Je parle du revers de la médaille. Mon lot, c'est de vivre avec les flammes glaçantes du démon qui me rongent les entrailles, mon avenir, c'est de parcourir les routes pacifiées en perdant peu à peu ces habiletés qui m'ont rendue si puissante.
Il y a autre chose, je le sens, et l'invocation de Walkyrie a confirmé ce sentiment en me transmettant un écho des arcanes qui l'engendrent. Elle m'a fait comprendre que le vide dans lequel j'ai l'impression de plonger n'est qu'un nivellement préalable à un événement tout à fait nouveau et d'un ordre qui m'est inconnu. Voilà de quoi me donner la force d'entretenir mon Windforce et de garder le contact avec les dons que j'ai acquis tout au long de mon périple ! Demain j'aurai sûrement l'occasion de tirer quelques flèches enflammées, et d'ajuster un ou deux tirs intelligents. Ce ne sont pas les maraudeurs qui manquent sur les routes. Et maintenant que l'Ennemi est vaincu, les hommes peuvent reprendre leur cycle de guerres fratricides.

Date 3

Voilà des semaines que je n'ai pu ouvrir mon parchemin. La route vers l'Occident est parsemée d'embûches que nous n'avions pas prévues. Warriv s'est plus d'une fois félicité d'avoir pour compagne une des guerrières les plus aguerries de ces terres. Il y a trois jours nous avons failli périr sous les assauts répétés d'un clan de mercenaires qui nous suit depuis la dernière ville où le marchand a récupéré ses fournitures. Heureusement un groupe de puissants nécromants est venu à notre secours. Ils sont de la trempe de ceux que j'avais l'habitude de croiser sur les plaines de Pandémonium. L'un d'entre eux a d'ailleurs bien connu ce druide qui m'a sauvée dans les Corridors de la Souffrance. D'après les dernières nouvelles, cet ami de circonstance s'est retiré au delà des mers d'Occident. Peut-être est-il allé jusqu'en Elona?

Date 4

Nous avons dit adieu aux nécromants aux portes de Men Gholein. Ils ne souhaitaient pas vraiment entrer dans la cité, et je les comprends bien. Le consortium du Désert Fécond a en effet promulgué un arrêté interdisant l'accès aux rues des villes qu'il dirige à tout guerrier utilisant une magie quelconque. C'est un extrémisme navrant mais après les événements de Lut Gholein on admet qu'ils aient quelques craintes. Je suis ici en clandestine, ce qui présente l'avantage de me rendre temporairement anonyme.
Les prédictions des Walkyries semblent se confirmer. Au fil de notre avancée sur les routes de l'Ouest, le trouble qui m'a prise à Harrogath s'intensifie. J'ai parfois l'impression d'entrer en contact avec une entité qui m'est à la fois totalement inconnue et profondément intime. Je pense qu'en progressant au jugé, comme nous le faisons depuis le début de notre périple, les réponses vont venir. J'ai confiance en la destinée. Il me suffit d'être attentive aux imprécations de mon esprit, et je saurai tôt ou tard quelle nouvelle épreuve m'attend.

Date 5

J'ai eu tout faux. J'aurais pu aussi bien rester aux portes d'Harrogath, cela n'aurait rien changé à l'arrivée de ce qui est donc le nouveau défi qui m'est imposé.
Je suis enceinte. D'une fille. Et c'est totalement impossible. Depuis mon arrivée au Camp des Rogues, voilà trois ans, je n'ai plus connu d'homme. Comment aurais-je trouvé le temps ? Et pourtant les paroles d'Arannia ne souffrent aucune contestation. Cette prêtresse annonce les naissances de son domaine depuis plus d'un siècle, et elle ne s'est jamais trompée. J'ai donc, d'une manière ou d'une autre, été fécondée. Mais qui a pu faire ceci ?

Date 6

Elle s'est manifestée cette nuit ! Quel cri ! Quel hurlement terrifiant ! Lorsque je me suis éveillée je pensais bien être retournée deux mois en arrière, au coeur du Mont Arreat. Mais les plages d'Hériodon brillent calmement sous le reflux de la mer, et le vent qui souffle dans les palmiers géants n'a rien du blizzard qui vous congèle sur la Toundra Glacée.
Cela semblait si vrai, ce décor cauchemardesque m'est apparu avec tant de netteté... C'était Lui qui hurlait, et c'était elle aussi, ma fille. Se pourrait-il que... ? Demain j'irai voir  Arrania, il faut qu'elle m'éclaire. Je ne peux me résoudre à cette hypothèse, et pourtant comment a-t-Il pu se manifester avec autant de vigueur, si ce n'est au travers de l'esprit de ma fille ? Mais qu'est-elle pour Lui ? Je n'ose écrire ce que je crois deviner.

Date 7

Arrania a confirmé mes craintes. Selon elle, le phénomène que j'ai vécu hier soir est symptomatique. L'être que je porte est né d'un transfert d'énergie d'un genre tout à fait particulier, que seules les plus puissantes créatures d'Outre Monde sont capables d'accomplir. En mourant, Baal est parvenu à créer une étincelle de vie qui a trouvé une réponse dans mes entrailles fécondes. Pire encore : l'ensorcellement auquel je suis sujette ne peut se résorber, en tout cas pas dans ce coin-ci de l'univers. Je n'ai qu'un seul espoir : consulter Munn la Nécromante, une fine connaisseuse des rites infernaux de ce genre. D'après Arrania, seule Munn peut m'aider à conjurer l'esprit de Baal qui a contaminé l'être que je porte. Reste que cet être vit en moi, et qu'il est en partie moi. Qu'abolirai-je si je mets un terme au processus maléfique ? Je suis au seuil d'un profond inconnu, et il me faudra vraisemblablement plonger dans cet abîme pour débusquer l'intrus.

Tous les mois, un navire est affrété pour Kamadan, capitale d’Elona. Je dois prendre le prochain pour entamer au plus vite ma recherche de Munn. Pour une fois ma renommée me sera utile, car les places sont comptées. Je ne connais que peu Kamadan, mais d'après ce que j'ai entendu c'est une terre prospère et relativement paisible. Tout va changer cependant, et les forces qui me soutiennent ici n'auront peut-être plus d'effet si loin de leur nexus invocateur. Je vais devoir renoncer au soutien de ma Walkyrie, et il est probable que la puissance de l'esprit des amazones sera trop faible pour me permettre d'utiliser mes pouvoirs. Je n'aurai que mon Windforce pour me sortir d'éventuels ennuis. C'est un motif de consolation...

Date 8

La première semaine de navigation s'est déroulée sans encombre. Le capitaine Gaolin est un honnête homme et son équipage est composé de braves, coutumiers des grandes traversées. Nous n'avons pas encore essuyé de ces tempêtes titanesques qui restreignent les échanges entre les deux mondes. J'appréhende leur venue mais Gaolin m'a assuré que sa Berceuse Moniale tiendra le coup. C'est difficile à croire lorsqu'on voit cette embarcation aux dimensions moyennes, taillée d'une pièce dans le tronc d'un des palmiers géants d'Hériodon. Ses voiles en peau d'hiérophante se tendent silencieusement sous le vent, ne laissant rien transparaître de leur éventuelle solidité. Je ne peux m'empêcher de considérer quotidiennement le grand mât d'ivoire, et de parcourir des doigts sa texture diaphane, en essayant de me figurer les pressions gigantesques qui vont s'exercer sur ce maigre poteau. "Notre belle en a vu d'autres", m'assurait ce matin le second, Carteux. J'espère qu'elle en verra bien d'autres encore...

Date 9

Les nuits sont belles sous la voûte, quand l'onde est calme comme elle l'a été tous les soirs depuis notre départ des côtes d'Hériodon, voilà un mois plein. Demain nous entrerons dans le Bain des Tempêtes.
J'ignore si la chose que je porte en a une quelconque prescience, mais elle me semble de plus en plus agitée. Les cauchemars sont devenus lots quotidiens, et chaque matin je me réveille avec l'épuisant sentiment d'avoir entièrement refait l'ensemble du chemin qui m'a menée du Camp des Rogues à la Chambre de la Pierre-Monde. Le scénario final de cette évocation onirique est souvent similaire : je ressens la secousse libératrice de l'ultime flèche issue de mon arc, cette flèche qui terrasse le démon. Mais le trait ne l'abat nullement, il semble plutôt le nourrir d'une nouvelle force, et la bête envahit subitement mon champ de vision, et son rire démoniaque emplit mon esprit, et je m'éveille transie, tiraillée par une flamme énorme qui me dévore l'estomac. Chaque nuit voit ce déroulement se répéter, et la marque de la bête me poursuit tout au long de la journée, comme une blessure profonde implique un saignement durable.
Et maintenant que les côtes d'Elona s'approchent, le monstre s'ébranle plus fort et plus longtemps. Aujourd'hui même, il m'est apparu comme s'il eût été bien vivant. Ce type d'hallucination est appelé à se répéter, je le sens. Baal m'a conquise, et je me doute bien que l'expulser de mon être sera un tout autre défi que de bannir son armée des terres d'Harrogath.

Date 10

Ceux qui se demandent pourquoi Elona n'est pas venue en aide à nos contrées lorsque la menace de Baal s'est profilée, devraient embarquer sur les mers de l'Ouest et tenter de franchir le Bain des Tempêtes. Sans la science séculaire du peuple marin auquel appartient l'équipage de la Berceuse Moniale, nous serions tous aujourd'hui enfouis sous des tonnes d'eau, à côtoyer les ossements des nombreux aventuriers que la mer a vaincus. La légende raconte qu'une Cité des Morts rassemble ces centaines d'âmes déchues, et que c'est leur colère qui fait se lever la mer en des murs infranchissables.
Infranchissables pour le commun des mortels, infranchissables avec la technologie usuelle des hommes. Mais le navire qui nous porte est d'un tout autre ordre. A peine les vents se sont-ils levés que j'ai pu constater l'ampleur des surprises que réserve la Berceuse. Ce mât, dont je soupçonnais le manque de solidité, s'est subitement développé, sa circonférence doublant de taille, et les voiles qu'il supporte se sont progressivement adaptées, leur surface augmentant en mesure de la hausse des vents. Notre embarcation a acquis une légèreté stupéfiante, et c'est en effleurant à peine les flots en furie que nous avons franchi le Bain.

Ces événements proprement époustouflants m'ont fait oublier la raison de mon voyage pendant les quelques jours qu'a duré notre traversée du Bain. C'est comme si le démon s'était recroquevillé en mon sein, conscient du danger que nous courrions. Nous venons de sortir de la zone la plus dangereuse, et je redoute déjà son réveil. Peut-être l'éloignement de sa terre natale a-t-il amenuisé ses forces ? Les miennes décroissent, je le sens. Les Walkyries ne répondent plus depuis trois jours, et hier j'ai échoué dans l'invocation d'une flèche enflammée, ce qui ne m'était plus arrivé depuis... des années...

J'ai fait part de cette décroissance de mes pouvoirs à Carteux. Sa réponse m'a réconforté. Selon lui la place que mon esprit libère en oubliant ses aptitudes pourra être comblée par la magie d'Elona et des terres voisines, qui sont liées aux mêmes nexus invocateurs. Je n'aurai qu'à accomplir les rites de soumission aux divinités locales pour recouvrer quelques talents. Je me prépare déjà à trahir mes origines amazoniennes pour entrer dans un nouvel ordre. Je n'ai pas d'autre choix, car il n'est pas question que je devienne une mortelle ordinaire.

Date 11

Kamadan est une capitale peu banale. Les nouvelles d’Elona parviennent mal à nos contrées, c’est un fait reconnu. Mais qu’à ce point la réputation d’une cité puisse être masquée hors de ses frontières reste pour moi une énigme. Jamais je n’ai assisté à un rassemblement aussi extravagant d’aventuriers qu’ici. La plupart sont obsédés par leur bagage, ou par leur simple enrichissement. Pour certains, cela semble naturel : ils n’ont plus de défi à leur taille. Le Mal n’a pas lancé d’assaut sérieux depuis plusieurs années, imposant l’oisiveté à bon nombre de combattants qui plus est victorieux. De ce foisonnement de héros désoeuvrés est né une organisation en guildes concurrentes, bataillant pour leur simple renommée. A longueur de journée, et plus encore la nuit, les guerriers ainsi rassemblés arpentent le Monde en quête de trésors, qu’ils revendent au profit de leur guilde. La majorité d’entre elles a en outre au moins une « équipe » engagée dans de féroces arènes…

L’ignorance que nous avons d’Elona n’a d’égale que celle qu’elle a de nous. Rares sont ceux qui ont une idée précise des afflictions de notre domaine. Je ne tiens pas à faire connaître mon rôle dans ce conflit, et dans les premiers jours de mon arrivée, je suis restée spectatrice du tumulte local. J’ai trouvé une chambre non loin du marché. Mon hôte me considère comme une reine d’un pays lointain, et il me traite parfois comme telle. Ainsi l’ai-je vu annoncer ce matin dans ma chambre la venue d’Arnold Guisarme, Maître Rôdeur d’Ascalon, avec toute la cérémonie qu’on apporte à la cour d’une Dame. L’invité était certes de marque. Et c’est la personne la mieux informée sur les créatures infernales des Frères que j’aie croisée jusqu’ici en Elona. J’ai provoqué sa venue hier, sur le Champ de Chohiir, en répliquant aux bravades d’une Moniale hostile par un Trait Intelligent écœurant de faiblesse. Cela n’échappa nullement à l’œil expert du druide, qui s'est rapidement rapproché de moi pour vérifier ce qu’il pensait avoir vu. Cette rencontre m’a fait prendre conscience de l’ampleur de ma solitude ici. Mes semblables arrivent au compte-gouttes en Elona, et sur les deux autres continents de cette partie du monde. Je parviendrai certainement à prendre avantage de cette situation en continuant d’exploiter mes connaissances natives.
J’ai passé la journée à satisfaire la curiosité de mon invité sur notre Monde. Il confirme qu’ici, mes pouvoirs risquent de disparaître. Par ailleurs, le nom de Munne la Nécromante est fort connu dans le pays. Selon lui, Munne a depuis longtemps quitté les rivages d’Elona. Son départ daterait de la Fournaise…
Car si Elona entretient une paix toute relative, il n’en est pas de même sur tous les territoires de ce Monde. Trois capitales historiques y dominent historiquement trois continents. Kamadan contrôle plus ou moins Elona. Kaineng est une fourmillière, un nœud en Cantha. Et Ascalon faisait briller sa splendeur sur la Tyrie, avant que la Fournaise ne cause sa ruine. Une invasion de bêtes terrifiantes s’est abattue sur ce pays, provoquant une migration massive d’aventuriers vers l’Arche du Lion, principal port de Tyrie. Munne faisait partie de cette vague, et rien ne laisse à penser qu’elle revienne un jour dans son pays natal. Je devrai donc la trouver. Guisarme a refusé de m’accompagner, ne pouvant quitter son poste à Kamadan. Il m’a dressé une liste de noms qui pourrait m’être utiles. Ce maigre réseau ne connaîtra jamais mon histoire, je l’ai fait promettre à Guisarme. Parmi eux, Nente, un confrère Rôdeur, me semble le contact le plus urgent. Originaire d’Ascalon, il est de passage à Kamadan pour les festivités de la nouvelle année. Je devrais le retrouver demain au Champ, à l’aube pour l’entraînement de chauffe.

Baal s’est plutôt bien tenu durant les jours que j’ai passés à me faire une place ici. Un lourd manteau de velours recouvre mes songes, rendant mon sommeil excellent. Mon corps est en attente d’une chose, semble-t-il. Parfois une flamme m’élance. Les terres avoisinantes sont parcourues par diverses créatures, parmi lesquelles de hautes plantes nommées « Broussépine ». Celles-ci semblent avoir un écho particulier de mon être, car elles se montrent très agressives et provoquent le réveil pénible du Démon. J’ai remarqué aussi que cette agitation intérieure entretient mes pouvoirs. Il faudra choisir, je pense, entre mes forces d’antan au prix de Sa présence, et les compétences locales, et leur silence…

Date 12

Le trajet entre Kamadan et l’Arche du Lion n’a absolument rien à voir avec le périple que la Berceuse Moniale m’a fait accomplir, il y a bientôt un mois. L’océan est certes vaste, mais il est lourd et presque grossier, sans présenter de réelle menace. J’ai fait la connaissance de Nente, comme je l’avais prévu. C’est un homme d’âge mûr, à la longue chevelure qu’on dirait de paille. Puriste de l’art du dressage, il forme pour Ascalon les Dompteurs qui gardent le Grand Rempart, dernière frontière entre ce qui reste du royaume d’Ascalon et les terres dévastées de ses bourreaux. Au prix d’un appel déchirant de la Bête, je lui ai présenté ma Walkyrie, qu’il ne peut considérer que comme un prodige d’un Monde parallèle. Il n’y a aucun point commun entre les deux idées que nous nous faisons de l'escorte, si ce n’est celui de la nécessité d’une vaillance indéfectible. C’est à ce titre je crois, que nous apprécions réciproquement nos arts. Le tigre qui l’accompagne est d’une espèce remarquable. Avec son maître, ils vivent une symbiose dévastatrice sur un champ de bataille. Je n’ai pas la même maîtrise de ma Walkyrie. Mais elle est immortelle.
Mes relations avec Nente ne se limitent pas à l’exposition de notre art du « dressage ». Cela m’a conduite à lui dévoiler mon histoire, et ce secret qui nous a mis en contact. Il sait mieux qui je suis, et quel genre de femme je pourrais être s’il venait à s’attacher.

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