Renaissance.

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Renaissance.

Message par Ø le Lun 22 Sep 2014 - 1:10

Un hurlement brisa le silence de la nuit. Un bruit rauque, puissant. Le bruit s’amplifia, de plus en plus assourdissant. Puis le sol trembla sous les pieds de Spring Shadowleaf, des terrasses se décrochèrent des parois du Bosquet. Tout autour de la Sylvarie, le monde s’écroulait, le plafond de terre s’abattant sur les malheureux villageois pas assez vifs. Il fallait remonter à la surface sous peine de finir enterrée à jamais, pensa Spring.
Elle rejoignit le chaos ambiant de la foule qui courait dans tous les sens, comme un poulet sans tête, désorientée par les séismes incessants. Des prophètes amateurs voyaient en ce désastre une punition divine.
« A genoux mes frères et sœurs, baissez la tête face à la rétribution divi… »
Le Sylvari n’eut pas le temps de finir sa phrase, écrasé par un pan de mur d’une maison qui provenait sans doute d’un étage supérieur. Spring emprunta un couloir dérobé, puis gravît les escaliers à quatre par quatre. Le ciel, enfin. Spring ferma les yeux, profitant de la légère brise de vent qui lui caressait le visage.
« Un dragon ! Un dragon ! » Répéta une sentinelle postée sur une spire environnante.
Un ombre cachât alors la pale clarté de la lune, et grossit de plus en plus. Le colosse entamait un long piqué depuis les cieux et fondit sur les habitations en contrebas, provoquant un nouveau séisme. Très vite, les Protecteurs se regroupèrent aux postes de tirs, bandant leurs arcs et armant des balistes. Mais les traits ne firent que rebondir sur l’écorce du dragon.
« Par  l’Arbre il est invincible ! » hurla un des soldats
« Evacuez la ville ! Nous ne pouvons rien faire ! » ordonna Cairn, le capitaine de la garde.
« Non mes enfants, tout n’est pas fini. » fit une voix douce, aisément reconnaissable par tous les Sylvaris. « Je me battrais avec mes fils et mes filles. »
Spring vit alors l’Avatar, la Sylvarie faite de lumière s’élever haut dans le ciel. Le petit point de lumière combattait l’ombre du dragon. Chaque attaque de la créature était contrée par un contre sort de l’Avatar.  Mais peu à peu, la robustesse du dragon l’emporta sur la Sylvarie intangible, qui perdit peu à peu du terrain. Elle ne put contrer un ultime coup de patte, qui la projeta au sol. Le corps de l’Avatar s’écrasa sans un bruit, et commença à se dématérialiser.
Spring accourut auprès de la blessée.

«- Mère, mère ! Que dois-je faire ? » demanda Spring sanglotante, comme une enfant qui avait conscience de perdre ses parents.
« -Nous avons rencontré notre destin ma fille. La corruption a atteint notre sanctuaire. Notre peuple doit fuir et se  renforcer. Sauve ceux qu’il faut sauver. Aide tes frères et sœurs qui ne sont pas encore éveillés avant que le dragon ne les dévore ! »

L’Avatar s’arrêta de parler, pris de spasmes. Son corps se tordait et se soulevait à chaque fois que le dragon mordait le tronc de l’Arbre Clair. Dans un ultime cri d’agonie, l’Avatar disparu, laissant les Sylvaris sans lumière ni parents pour les guider.  Spring tourna alors son attention vers l’Arbre. Il faillait sauver les bourgeons, qui contenait des Sylvaris toujours dans le Rêve.
Elle entama son ascension de l’Arbre, centimètre par centimètre se servant de bout d’écorces comme prise. Soudain un nouveau séisme fit lâcher prise Spring qui se rattrapa de justesse à une branche. Elle coupa rapidement les bourgeons d’incubations qui chutèrent en contrebas, rattrapés dans des filets de toiles d’araignées mis en place par les protecteurs.

« Spring, notre chariot est plein, nous ne pouvons plus prendre personne ! » hurla Cairn
« Mais… Et lui ?! Fit Spring en pointant du doigt un dernier bourgeon. »
« Il faut savoir faire des sacrifices, Spring, tout soldat le sait. Les sbires de Mordermoth arrivent, tout
Caledon sera empoisonnée et toi avec ! Descend ! ».

Cairn vit Spring faire non de la tête. Il tourna les talons, savant qu’il était impossible de convaincre cette petite sotte.
Au sommet de l’arbre, malgré les vibrations intenses, la gardienne entailla le bourgeon pour extraire le corps inanimé d’un Sylvari. Elle l’arracha du fluide visqueux, le plaça dans son dos et se prépara à sauter dans le filet.
« Bienvenue dans le monde réel, jeune pousse » fit Spring d’un rire jaune en s’élançant.

Les deux Sylvaris chutèrent d’une centaine de mètre, quittant la pureté de la nuit pour arriver dans un Bosquet dévasté, vicié et infesté de Mordrems en tout genre. Spring s’écrasa dans la toile et le choc la ramena vite à la réalité. Chargée d’un tel poids, il lui était impossible de courir pour distancer les hordes de monstres. Par la voie de la terre, les deux sylvaris étaient condamnés. Spring se fraya un chemin sanglant jusqu’à la salle des spores, de larges plantes de voyage volantes.
Des chiens lui mordirent les cuisses avant de finir décapités, et un Parasites tenta d’enchevêtrer la gardienne au sol. La gardienne se téléporta dans un grand flash aveuglant et plongea son épée au cœur du monstre jusqu’à la garde.

A bout de force, Spring constata avec horreur qu’il ne restait qu’une spore monoplace. Dans un ultime effort elle plaça le Sylvari et se prépara à actionner le levier. C’est à ce moment qu’il ouvrit les yeux.
« -Que… » Murmura-t-il.
« -Désolé nous n’avons pas le temps de discuter. Nous te léguons un monde en ruine, jeune pousse. Ta vie va être un combat perpétuel. »
« Combat (Cathan, en langue sylvarie) » répéta le Sylvari.
Spring, les yeux embués de larmes actionna le levier et la spore s’éleva dans les cieux. Une horde de mordrem déboula dans la salle en piaffant d’impatience de dévorer du Sylvari.
« Désolée, vous n’aurez qu’un des deux » fit Spring.
Haut dans le ciel, le Sylvari entendit les hurlements de Spring.
« Combat » répéta-t-il, les images de Spring en tête, ses grands yeux bleux écarquillés et vide. La vie du Sylvari ne venait que de commencer qu’elle fut déjà entâchée.

Cette nuit là parût interminable pour le Sylvari. Tout se mêlait dans sa tête. Il pensait à son rêve.
Le sylvari était au beau milieu d’une clairière, l’eau au niveau des genoux. Tout paraissait paisible, baigné d’une pâle lumière jaune. Soudain, des ombres foncèrent sur lui et le sylvari, armé d’une épée les tuait une à une. Très vite l’eau devint rouge. Mais le sylvari n’avait pas peur, au contraire il semblait hilare du massacre, riant aux éclats en tranchant en deux ses adversaires. L’eau montait, de plus en plus rouge. Mais il n’arrêtait pas, et continuait à tuer. Il stoppa finalement quand l’eau cramoisie lui arriva jusqu’au visage. Mais le niveau continuait de monter, comme si l'eau voulait toucher les cimes des arbres. Et le sylvari finît noyé dans un océan de sang.
Il revoyait ses premiers instants en Tyrie, fais de mort et de souffrance. Jonché de cadavres. Il se remémora le visage de celle qui l’avait apparemment sauvé. Ou peut-être celle qui l’avait fait vivre contre son gré ? Qui sait, la vie ne valait peut-être pas le coup.
Le sylvari s’endormit, jurant de venger malgré tout  la mort de la seule personne qu’il connaissait, alors que sa spore volait au gré du vent.

Chapitre 1 Le combat venu des cieux.
-Crévindiou, Hantz ! Si tu te bouges pas un peu l’arrière train, la terre ne sera pas prête pour la période des semences ! Alors, prends cette pelle de façon convenable et active toi !
-Façon convenable, façon convenable…. Il est marrant lui, maugréa Hantz, les muscles tétanisés par le poids de la pelle. Il a qu’à le faire, le paternel, s’il est si doué !
-Garde ta salive ! A mon retour, je veux cette terre retourné pro-pre-ment. Sinon pas de dîner pour ce soir.
Dès que la menace eût atteint les oreilles du jeune garçon, il décida que ses muscles se portaient fortement mieux et que la pelle était subitement plus légère. Mais ce moment d’héroïsme ne dura que le temps que la silhouette de son père était encore visible. Hantz jeta un coup d’œil furtif par-dessus son épaule. Point de père paterno-tyrannique. Il jeta sa pelle au sol et extirpa de sa poche un vieux grimoire plissé.

Le père paterno-tyranique lui, était allé en ville pour régler une affaire pressante. Il arpenta les rues d’un pas rapide, la sueur au front. Il ne fallait pas être en retard. Surtout pas avec lui. Il força l’allure et commença à gravir la colline sur laquelle reposait le château du seigneur Anduin. Il traversa le pont levis quelques instants plus tard, gravît l’escalier principal et débouchât dans la salle princière.
D’une hauteur d’environ 15 mètres, elle impressionnait tous les paysans qui venaient ici pour audience.

-Ah, Johan ! Te voilà enfin ! Comment va ta famille ?
-B.. Bien monseigneur, balbutia le père, qui n’en menait pas large face à l’homme en face de lui, large comme un bœuf, grand comme une montagne et revêtu d’une armure de plate. Ma femme se porte à merveille et mon fils travaille dans les champs, bien qu’il soit passionné par la littérature…
-Ah, les champs justement mon petit Johan. Dois-je te rappeler le résultat de la dernière récolte ?
-Mon, Monseigneur, la terre était ravagée par une nuée de sauterelle ! Ceci était indépendant de ma volonté et….
Anduin attrapa Johan par le cou et le souleva du sol.
-Petit paysan, je ne t’ai pas autorisé à répondre. Tu sais que tu es sur mes terres. Tout ce que tu as, ta maison, ton four, ta table, ta vie tout est à moi ! Alors ne me déçois pas. Ou je serais contraint de louer ma terre à quelqu’un d’autre.
Il lâcha l’homme qui détala après une courbette rapidement esquissée. Qu’elle ne fut pas sa frayeur quand à son retour il vit son fils vautré dans l’herbe un livre à la main alors que la terre n’était toujours pas retournée.  Johan était partagé entre peur et colère. De désespoir il tomba à terre en sanglotant. La récolte ne serait pas prête à temps.

Hantz se précipita aux côtés de son père quand une onde de choc les projeta tous les deux. Une masse creusa un sillon large de plusieurs mètres dans le champ avant de stopper sa course dans la maison avoisinant dans un grand fracas. Hantz se leva rapidement et remis son père sur pieds.
-Au moins, ton champ est retourné papa !
-Tout le monde va bien ? hurla une femme qui sortît une casserole sur la tête.
-Tout va bien Maria,  marmonna Johan encore tout chamboulé.

Quand la fumée se dissipa, Johan perçu une silhouette émerger de la météorite. Il dégaina immédiatement un vieux couteau rouillé.
-Arrière démon ! Hurla-t-il en tremblant.
La silhouette le fixa alors de ses deux yeux bleus intenses. Son regard transperça Johan qui perdit totalement son calme. Il agita tellement son arme que la lame se déchaussa et s’enfonça dans la terre.

La sylvari, nu parla doucement. Mais ni Johan ni Maria ne comprenaient ce qu’il disait.
-Bondiou, il parle pas Tyrien c’te bonhomme. Regarde-moi comme il a l’air paumé à poil dans mon champ.
Hantz fit un pas en avant et s’adressa à l’être venu des cieux.
« Excuse moi tu es sylvari ? J’ai appris ta langue dans des livres. Me comprends tu ? »
Le Sylvari hocha la tête, encore sonné du choc.
-Sacré bonsoir, Hantz, depuis quand tu sais parler le sauvage ?
-C’est pas du sauvage Papa, bon sang !
Le Sylvari adressa alors la parole à Hantz
-Je ne vous veux aucun mal, je viens du Bosquet. Enfin, ce qui était le Bosquet. Il n’a plus rien là bas. Je n’ai rien.
Le Sylvari raconta son histoire, qu’Hantz s’empressa de traduire du mieux qu’il put. Leurs mines se décomposèrent au fur et à mesure des détails sanglants du récit.
-L’pov’ vieux conclut Johan. On peut dire que tu reviens de loin. C’quoi ton nom ?
Le sylvari écarquilla les yeux. Il n’en n’avait aucune idée. Puis un flash lui revient en tête « combat ». Ses traits se durcirent au souvenir de Spring.
-Cathan. Mon nom est Cathan.
-Dis moi….heu, Cathan. Tu as beau avoir techniquement 5 jours d’existence, tu es plutôt bien bâti. C’que je te propose mon bonhomme, c’est un marché. Ta force contre une famille. T’as plus rien mon gars, faut te reconstruire ! fis Johan, qui se rappela de la menace du seigneur, qui était passablement énervé.
Hantz transmit le message. La seule réponse de Cathan fut un acquiescement.
-T’es désormais un Sullivan garçon, bienvenue dans la famille !
Johan lui tendit une pelle. Les deux pieds sur terre telle était sa devise.

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Re: Renaissance.

Message par Ø le Lun 22 Sep 2014 - 22:41

Chapitre 2 Répétition.

Sous le soleil ardent de midi tous les villageois bêchaient, semaient et travaillaient la terre comme si leur vie en dépendait. Les hommes en sueur, les muscles crispés par le poids de leurs instruments, vacillaient. Le seigneur n’avait pas jugé bon de leur donner le droit de porter un chapeau, preuve, selon lui, d’irrespect le plus total. Alors qu’ils décidèrent d’un avis commun de faire une pause, l’un d’eux continua avec acharnement.
-Crénom, c’est une machine ou quoi ? Depuis ce matin ce type s’est pas arrêté. Ça fait un mois qu’il est là !
-C’est sur le terrain de Johan ? A vot’ avis c’est le  p’tit Hantz ?
-Il aurait déjà arrêté pour aller un lire un bouquin.
Un rire parcouru l’assemblée.

Cathan ne comprenait pas pourquoi ces humains s’arrêtaient. Il se sentait en pleine forme, invincible. Le soleil lui  donnait une vigueur héroïque. Il était prêt à cultiver la Tyrie entière s’il le fallait ! Sa peau luisait d’une lueur bleutée. Grâce à la lumière, il se sentait vivre. Sa condition de Sylvari lui permettait d’être le plus efficace des paysans.
-Hé, excuse-moi ?
Cathan sentit une main toucher son épaule. Il se retourna, et fixa son interlocuteur.
C’était un petit homme, maigre et maladif, la peau sur les os. Il était emmitouflé dans de la charpie qui lui servait de vêtements. Seul son visage, rougeau et boursouflé en dépassait. Quand il ouvrait la bouche, il dévoilait sa dentition déglinguée et son haleine à tuer les mouches environnantes. Le vieillard fit trois pas en arrière avant de tomber sur les fesses on comprenant que Cathan n’était pas humain. Déjà il n’était pas malade, ni rougeau, mais en plus il était musclé et bien portant ! Impossible sur ces terres !
-Un… Démon….. A l’aide ! Il a pris les terres de Johan ! Beugla le papy, qui visiblement n’était jamais sorti du fief d’Anduin.
Très vite, une armée de gens voutés foncèrent clopin clopant, fourche à la main sur Cathan.
-Assez ! Hurla la voix de Johan, bien plus tonitruante quand un seigneur en armure n’était pas là pour l’étrangler. Il est de ma famille dorénavant ! C’est un Sullivan.
Les assaillants stoppèrent leur charge, méfiants.
-Johan, si ce démon végétal n’est pas embroché sur ma fourche, c’est parce que t’es un membre respecté du village. T’as compris mon vieux ? Alors dis-lui de quitter ton champ, et y’aura pu d’histoire !
-M’enfin Pierrot, l’est pas méchant, fit Johan en tapotant l’épaule du Sylvari qui ne comprenait rien de ce qu’il se passait. Il m’aide juste pour’l’champ !
-C’que t’as pas compris Jojo. C’est que ton bonhomme il est ‘achement efficace par rapport à nous. Il va dire quoi l’seigneur, si on est à la bourre hein  et pas toi ? Tu ne penses qu’à sauver ta peau !?

Le sang de Johan se glaça à l’idée des supplices que pouvaient infliger Anduin à ses semblables. Il fit signe à Cathan de le suivre à la maison, l’air dépité. Cathan n’avait pas tout saisit, mais il avait bien compris que sa présence était indésirable et se sentait désolé pour ce qui était à présent son père.
Johan jeta un œil désespéré  au calendrier derrière lui. Une semaine avant l’inspection du seigneur. Cathan avait sué pensant un mois déjà et  voilà que ses efforts allaient être anéantis. Entre lui et les autres, il avait choisi les autres. Il expliquât lentement à Cathan la situation qui se contenta d’hocher la tête, le temps de décrypter chaque son.
En effet, chaque soir, il rejoignait Hantz qui lui faisait un cours de Tyrien, lui montrant des tas et des tas de grimoires. Selon lui, Cathan faisait en fait partie d’un gigantesque tout, parmi de nombreuses races et plantes. Il y avait des géants vivant sur de l’eau durcie, des petits gnomes vivant sous terre et des…

-….Dragons fit Hantz en concluant sa leçon sur l’histoire récente d’Orr. Au nombre de 4, ils n’ont que pour but de détruire toutes les races dont je t’ai parlé. Il y a le dragon du feu, Primordius, le dragon de l’eau, l’Abysse, le dragon violet Kralkatrorrik et le dragon de glace Jormag.
-Et … ça ? demanda Cathan en parlant Tyrien du mieux qu’il le pouvait en pointant du doigt une image d’un monstre multicéphale ailé.
-Lui, c’était Zaithan, le dragon de la mort. Il est mort il y a 5 ans de cela, tué par une compagnie de héros. Les héritiers du destin ! Et elle, une de tes semblables.

Hantz tourna la page. Une image pleine page montrait une Sylvarie triomphante ordonnant un tir de canon sur Zaithan. La légende racontait qu’il s’agissait de Spring Shadowleaf, bras droit de Trahearne.
Bien que dessinée, la figure de Spring eut l’effet d’une claque. Des images pas encore enterrées firent de nouveau surface. Il se revoyait en Bosquet, avec elle, mourante. Il n’avait rien pu faire pour la sauver.

-Cathan ? ça va ?
Cathan sortit de sa rêverie, furieux.
-Dis moi, Hantz, es-tu sûr qu’il y a que 4 dragons ? demanda le Sylvari dans sa langue, décidant que le cours étant bel et bien terminé.
-Hé bien… oui pourquoi ?
-Dans les premières minutes de mon existence j’ai vu… un dragon des forêts. Qui a détruit ma ville, et tué la première personne que j’ai connue. Spring Shadowleaf.

-AUX ARMES ! AUX ARMES. Repliez-vous au château !
Johan déboula dans la pièce.
-Suivez-moi vite, des bêtes nous attaquent !
Toute la famille traversa les champs le plus rapidement possible protégée par la pénombre. Le château s’approchait petit à petit illuminé par le feu des torches.
-Par les Six. Ils sont là ! murmura Johan.

Cathan n’en cru pas ses yeux. Ces bêtes étaient les mêmes qu’au Bosquet.  Des chiens d’un demi mètre de haut à l’encolure, avec un long pelage de feuilles. Les crocs acérés brillaient dans la nuit comme une menace. Le Sylvari s’en fichait. Sa vengeance devenait possible. Il serra ses poings et fonça sur le groupe Mordrem en hurlant, sourire aux lèvres.  Ayant brisé tout effet de surprise, les chiens bondirent sur leur assaillant. Le choc propulsa Cathan au sol essoufflé et blessé. Son regard changea de la détermination à la crainte quand une des bêtes lui sauta à la gorge. Cathan roula sur le côté et le chien se trouva le museau dans le sol. En guise de réponse, il lui adressa un coup de botte crasseuse dans la tête. Le molosse inerte, tomba à terre, sans doute que sonné. Cathan profita de ce moment de répit pour l’égorger à l’aide de d’un couteau improvisé à base de silex. Le sang gicla sur son visage. Il avait un goût délicieux, celui de la vengeance. Les autres monstres détalèrent sans demander leur reste, sous peine d’être occis par un Cathan ignorant ses blessures, assoiffé de violence. Quand Cathan se calma en rangeant son arme, il vit que sa famille le regardait bizarrement. Lui qui était si discret et paisible. Il avait dû les choquer. Le Sylvari haussa les épaules, fier d’avoir vengé, du moins comme il le pouvait, la mort de Spring.

Ils rejoignirent les autres habitants du village devant le pont levis toujours levé. Des chuchotements plaintifs parcouraient le groupe. Pourquoi le seigneur n’ouvrait-il pas la porte ? Etait-il en train de se préparer sur son destrier ?

-Oyez oyez, fit une voix venue des remparts. Monseigneur Anduin ne pourra vous aider dans ce soucis bénin. Il vous invite donc à rentrer chez vous le plus vite possible avant que les bêtes n’encerclent vos maisons.
-Mais… Il a juré de nous protéger ! fit Bauduin, un des paysans.
Une flèche lui écorcha la joue avant de se planter juste derrière lui. Le message était clair. Courir pour sa vie. Une fois repérés les villageois ne seraient alors qu’un pâté de viande mouvant pour les Mordrems au sens aiguisés. Les premiers seront sauvés. Les derniers seront mangés.

Pendant ce temps le héraut pénétra dans la salle du seigneur.  
-Monseigneur, pourquoi avoir fait ça ?
-Fenrill, mon fils… Tu n’es pas aveugle, à cause des attaques successives  et du soleil le petit peuple est épuisé et la récolte sera mauvaise. J’envoie à la mort les trois quarts afin d’avoir le quart le plus compétitif. Avec moins de bouches à nourrir, l’intégralité du château et les plus forts survivront. Nous devons survivre pour guider le peuple. Ils doivent survivre pour que nous puissions continuer à le guider. Je ne fais pas ça par pure méchanceté, mais par besoin.  Quand les temps sont durs, il faut faire le tri. Anduin attrapa une coupe de vin, regrettant malgré tout de ne pas avoir assisté à la chasse à l’homme.

-Courrez, ne vous arrêtez pas ! Hurla Johan à tous ceux qui voulaient l’entendre.

Une horde de chiens poursuivaient des villageois apeurés et désorganisés. Leurs maisons n’étaient qu’à quelques centaines de mètres. Si proche mais pourtant si loin. Le vieux Joseph fut le premier à céder, il fut déchiqueté sans ménagement. Personne ne le vit mourir, il était trop loin.  Ses frères le suivirent quelques instants plus tard, ainsi qu’une dizaine d’autres. Cathan portait Johan sur ses épaules et courrait en tête, Maria et Hantz sur ses talons. Encore quelques mètres. Soudain une liane sortît du sol et mit et à terre Hantz, qui, par le manque d’entrainement physique  était déjà complètement essoufflé.
Cathan s’arrêta net en sentant que son père adoptif avait sauté de son dos.
-Continue Cathan, je ne tiens pas à perdre mes deux fils !
-Mais..
-Ne pose pas de question !
Alors que Maria le tirait par le bras, il vit Johan foncer sur les chiens. Pendant que la horde se battait pour engloutir les morceaux restants, Hantz s’était relevé. Mais ses jambes refusaient d’avancer. Il était tétanisé, le regard dans le vague, alors que les restes de son père disparaissaient. Un brusque mouvement le souleva du sol. Cathan l’entraina avec lui et Maria. Deux minutes après ils étaient derrière la porte, a entendre la horde gratter et hurler.

-Je vais les tuer. Les exterminer. Tous un par un. Murmura Cathan en pleurs.

La porte céda à la grande stupeur des occupants. Les chiens s’engouffrèrent dans le trou béant crée par un monstre de bois d’une  dizaine de mètre de haut.


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