Les marbres blanchis

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Les marbres blanchis

Message par Jeradon le Lun 6 Oct 2014 - 13:48

Episode 1 : Prisonnière en chambre.

Dans la rue non loin de l’esplanade, parmi les cris des gamins et les appels des marchands s’élève une voix : « Et maintenant Mesdames et Messieurs nous nous trouvons devant la Tour Djebal siège de l’ancienne famille Monterosso depuis 1170 Après le Départ. Ne vous pressez pas Monsieur et non, le stuc de la façade ne va pas encore s’effondrer. Si vous voulez bien me suivre maintenant...Faites attention au ruisseau mesdames les canalisations sont si mauvaises dans ce coin… » La voix s’affaiblit avant de s’éteindre parmi les bruits de la rue. Il est deux heures de l’après-midi.

Sur le lit une ombre se lève d’entre les draps froissés. « Ah. Mademoiselle a décidé d’ouvrir les yeux. Bien dormi ? » Bianca tourne des yeux rougis vers les murs beiges de la chambre, vers le rectangle de lumière à la fenêtre, vers l’horloge murale hors d’atteinte. Ses lèvres se mettent à trembler. Devant la cheminée l’aïeule glousse de satisfaction.
« Hééé oui un jour de plus à attendre, un jour de moins à supporter…C’est la nouvelle devise de la famille ? »
Bianca entend la voix parmi tous les murmures. Elle met les pieds sur le plancher piqueté et s’avance vers l’entrée du balcon, vers la lumière… « Ooh, Mademoiselle se sent poétique maintenant. Voyons tu penses sérieusement que tu vas sortir au balcon complètement boudinée dans ta chemise de nuit tachée ? Tu vas faire peur aux gens ! »

Bianca s’arrête complètement pétrifiée. Elle est tachée sa chemise de nuit ? Elle jette un coup d’œil et…Oui il y a deux grosses taches verdâtres sur la poitrine…Et peut être une autre, un peu douteuse là en bas. C’est pas possible elle ne peut pas sortir. Elle jette un coup d’œil vers l’armoire ouverte qui contient toute sa garde-robe…Mais de toute façon tout est d’une taille trop petite. Elle avait oublié. Un gémissement lui échappe et elle s’effondre en sanglots. « Et revoilà les larmes ! Non mais tu penses sérieusement que tu vas apitoyer les cafards ou quoi ? Arrête de larmoyer comme une idiote ! Il y a la visite dans une heure ! Lève-toi ! Fais ton lit. » Faire le lit…C’est vrai ça il faut toujours faire le lit. Elle se relève avec effort, fait deux trois pas, ramasse les draps, la vieille couverture élimée. Et en quelques instants elle a tout replié, bordé bien comme il faut. « Oui c’est passable. Après tout c’est ce que tu sais faire de mieux. »  L’horloge émet une note cristalline. Il est trois heures.

Dans la rue,  on trouve de  tout et n’importe quoi.  Telle était la sagesse de Gerr Maindargent, et alors qu’il se tenait debout, adossé au mur, il contemplait la foule des passants avec la satisfaction narquoise de celui qui cherche un pigeon pour la prochaine escroquerie. Et c’est pour ça qu’il accueillit fraîchement la venue de Gilles Deux Poings.

« Alors mon gros tu viens traîner tes habits tachés dans le coin ? ». Gilles qui n’était pas gros mais bien musculeux, retourna un regard noir. « C’est Pierrot Deux Lames qui m’envoie. Rassemble une équipe, ce soir… » Il leva un doigt vers le ciel. « Klint a obtenu le contrat, la proprio abandonne la tour avec tous ses meubles la semaine prochaine. Donc, ce soir on débarque. »

Dans la chambre de Bianca il y a trois personnes maintenant. Celui qui l’a faite s’asseoir sur le tabouret,  c’est le Docteur Forelli. Il scrute le visage de Bianca, l’aveugle avec un miroir qui réfléchit la lumière du jour, lui fait tirer la langue… Bianca supporte tout, même la potion amère qu’on lui fait avaler comme une gamine. D’ailleurs c’est simple, si elle n’obéit pas elle n’aura pas de visite pendant le mois. Le vieux barbon regarde, bourdonne, lui  souffle son haleine rance dans les narines avant de se retourner vers Julie qui comme toujours se tient toute droite, trois pas devant la porte. « Madame Lowrye j’ai le plaisir de confirmer que votre sœur est de nouveau en bonne santé. »

L’aïeule éclate d’un rire narquois, mais ni Julie ni le médicastre n’y prêtent attention. « Tu as entendu ? Bon sang Lyssa a du leur ch...Dans les yeux ! » . Mais peu importe, le docteur prend congé et enfin Julie s’approche dans un froissement de soie. « Bi…Je suis tellement contente que tu ailles mieux ! ». Bianca la regarde, incrédule. Comment Julie peut-elle parler avec autant de fausseté ? Même son sourire a quelque chose d’ambigu. Et pourtant elle a l’air de réellement croire à ce qu’elle dit.
« Ton infection a disparu, et désormais ta vie scandaleuse est bel et bien derrière toi. »
Bianca ne dit rien pendant que l’ancienne grince : « Et surtout les garçons qui comptaient tellement dans ta vie de gourde ont disparu du paysage. »
« Il te reste encore un trimestre avant l’examen. Si tu t’y mets tu as encore une chance de pouvoir passer ton épreuve de fin d’année. »  La fin de l’année ! Un serpent se tord quelque part dans les entrailles de Bianca. Elle vacille avant de souffler d’une voix blanche : « Non, pas la fin de l’année !
-Mais pourquoi pas ? Regarde tu as encore la chance de pouvoir devenir une élémentaliste réputée. Et tu étais la plus douée de la famille. »
Bianca a la poitrine prise dans un étau pendant que l’aïeule gueule comme un putois « Douée ? C’est n’importe quoi ?! Elle a passé six mois à abracadabraire des formules à la noix, et elle se plante au premier examen partiel. Attends je connais des danseurs de pluie qui ont plus de résultats qu’elle ! »
Julie s’approche et jette un regard apitoyé. « Mais ne t’en fais pas Bianca, je comprends tout. »
Elle fait demi-tour pendant que l’ancienne nargue. « Sans blague. Même après avoir lu le parchemin sur la table ?»

Un serpent se contorsionne dans les entrailles de Bianca : Julie vient de voir le parchemin. Elle a brisé le sceau, déroulé la missive…
Et Bianca titube sous le regard féroce de sa sœur. «Tu as cédé la tour à l’association la Clé des Rêves ?
-Mais c’était… »Bianca ne sait pas quoi dire. Les journées sans fins passées dans une chambre confinée, la solitude, les salamalecs…Elle n’en veut plus. Et quand le visiteur est passé pour demander une cotisation pour l’association….
Julie devient franchement hostile. « Tu as osé céder la tour à une association de bas quartiers ? »  Elle continue de plus en plus fort : « Tu leur as donné un héritage familial de cette ampleur ? »
Bianca est surprise. «C’est mon héritage ! J’en fais ce que je veux !
-Non tu n’en fais pas ce que tu veux ! » Julie hurle presque. « C’est un bien de notre famille,  incessible, inaliénable ! Il appartient à nous et à nos enfants ! »
Et surtout à ses enfants à elle. L’aïeule réagit avant Bianca : « Bianca ma petite comment as-tu commettre une erreur pareille ! Tu as osé frustrer les enfants de ta sœur de ton héritage ? Ça ne va pas te porter chance… ».  Et pendant ce temps, Julie appelle un larbin dans le corridor. Elle parle trop vite pour que Bianca comprenne. Le larbin arrive, salue, acquiesce et disparait. Alors que Bianca essaie encore de comprendre ce dialogue, Julie se retourne, un mauvais sourire sur le visage.
« Je vais tout faire pour arrêter ça. Je vais te faire juger pour ta maladie, et quand on m’aura donné autorité sur toi … Je te ferai vivre dans une cabane de pêcheur sur le lac de Claypool.  Peut-être qu’avec ton gros c…Dans la merde, ta tête se remettra à l’endroit. »

Elle sort en claquant la porte. Un spasme secoue Bianca. A peine a-t ’elle atteint le bassin près du lit qu’elle restitue un jet de bile verdâtre. Il est quatre heures.


Gerr se contenta d’attendre en flânant à travers les rues du quartier, visitant les bouquinistes, discutant avec les marchands, achetant un bouquet aux fleuristes. Et enfin alors que les marchands pliaient bagage,  arrivèrent les renforts : et parmi eux se trouvait une brune maquillée à outrance et en manteau de cuir. Il fit la grimace : Nicole la Rouée était une plaie. Non seulement elle était la femme de Pierrot Deux Lames, mais en plus elle imposait son style tordu à chaque coup où elle était impliquée. De toute façon, pour elle comme pour Gilles Deux Poings, il n’était qu’un sous-fifre sans gloire.

Il haussa les épaules et s’avança vers la maison où elle venait d’entrer. A l’intérieur ça sentait la poussière et la sueur. Dans le salon aux meubles déglingués Nicole expliquait le topo. « Gerr, tu montes en l’air comme d’habitude et tu envoies un portail. A partir de là Gilles prend le relais. C’est bon ? »
Que pouvait-il dire d’autre? Gerr acquiesça.

L’horloge a envoyé une note cristalline. Dans la chambre brille une veilleuse. Sur le lit à moitié défait git Bianca, le regard fixé vers les étoiles dorées qui décorent le stuc du plafond.
Pendant que l’aïeule rabâche ses vérités rancies, Bianca regarde le plafond pour échapper aux démons qui ont hanté sa vie.

Et comme d’habitude, elle n’y parvient pas. Les larmes coulent sur ses joues alors qu’un après-midi pluvieux Matt l’entraine dans une étreinte gluante qui va la salir. Et elle ne veut plus penser à Matt. « Il a eu ce qu’il voulait et t’a laissé une saleté en souvenir ! ».  
Et la vieille de reprendre : «Quand j’avais des envies, moi je me faisais monter les garçons d’écurie et je prenais soin de choisir ceux qui étaient nets !»

Et après, durant cette journée de printemps, l’invocation d’un élémentaire de feu qui rate devant la bonne société de l’école de magie. L’échec, l’humiliation. L’alcool, les rencontres de taverne, les gros rires bien gras. Cette soirée qui l’amène à moitié nue dans une cellule d’un poste de garde, avec un goût de vomissure dans la bouche. « La honte de la famille tu entends ? La honte de la famille. Ah elle est belle la  petite prodige de son papa !!! S’il te voyait il s'en retournerait à sa…C’EST QUOI CE BORDEL ? »

L’invective n’est plus du tout du genre de l’aïeule. Bianca se redresse, les yeux écarquillés. « C’est vraiment la misère ici. Qu’est-ce qu’on peut chouraver ? »
La voix est mâle et provient du balcon. Pourtant ceux qu’elle voit sont des jouvenceaux en robe pourpre, mal rasés et  identiques en train de feuilleter quelques ouvrages tombés de la bibliothèque. L’un se retourne et répond « Il y a une bibliothèque… » « ...Le gros » complète le second. « Et de toute façon il y a aussi la proprio » conclut le troisième. C’est celui-ci qui braque un pistolet métallique et plat. La détonation retentit dans la pièce, et Bianca est catapultée au sol. « On pourra en tirer quelque chose. »
Telle est la dernière phrase que comprend Bianca.

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Re: Les marbres blanchis

Message par Jeradon le Mer 24 Déc 2014 - 22:15

Partie 2 En cage

Le temps d’une gifle, une pièce exigüe apparaît. Une autre gifle fait apparaître un malabar aux mains épaisses, debout devant Bianca. « Comment tu t’appelles ? ». Le temps d’écouter, de voir les silhouettes dans la pénombre, de comprendre qu’elle est agenouillée les mains dans le dos, elle s’est prise une mandale de plus. Cette fois elle n’attend plus pour comprendre la question. « Bianca, Bianca Bianca !
- Bianca qui ?
-Bianca Monterosso ».
La réponse a été donnée par une voix traînante quelque part derrière elle. « Elle a signé le contrat de Klint de son nom.
-Et comme Klint est arrêté ce bout de papelard ne vaut plus rien. »
Interrompt aigrement une autre voix.[/i]
Le temps d’un regard, le malabar jette à Bianca le mépris qu’elle mérite. « Embarquez-la avant que je ne la massacre ».
Elle n’a pas le temps de dire un mot. Déjà on l’a mise debout. Entraînée par deux autres sbires, Bianca titube dans un corridor humide et l’instant d’après débouche dans une caverne. Elle suffoque en respirant l’air froid, et promène un regard ahuri sur les feux de camps qui se reflètent dans l'eau et sur les gens qui s’expriment dans un langage de poissonniers. Elle n’a rien vu, elle le sait. Et pourtant l’endroit pue la misère et le mépris.

Mais déjà on l’entraîne encore à travers un tintamarre d’échos, le long du rivage.  Ici ou là les lumières des lanternes ou des feux de camp trouent l’obscurité. Dans son enfance elle a vu un rivage  ainsi jalonné de lumières. Seulement le lac qu’elle avait vu était illuminé par le soleil couchant alors que maintenant ce n’est qu’une étendue immense dans la pénombre. Une poigne dure l’entraine le long d’un ponton et bien vite Bianca a commencé l’ascension d’un escalier interminable. Elle trébuche en montant les escaliers  essoufflée qu’elle est par cette course infernale. Enfin elle arrive au haut devant ce qui a l’air d’une grande boîte grillagée. Avant qu’elle n’ait pu comprendre, une rude poussée  l’envoie s’étaler sur un sol  poussiéreux. L’instant d’après un fracas métallique a résonné.  Bianca se retourne pour voir les barreaux d’une porte grillagée.  Un rire moqueur  s’élève dans la pénombre : elle est encagée.  

La nature de Nicole ne la prédisposait pas au dégoût : elle n’avait pas le temps de faire dans la sensiblerie.  En revanche elle se considérait libre d’éprouver du déplaisir, et  le spectacle de Hugues Deux Poings face à Bianca lui donna une sacrée dose de liberté. Une telle dose en fait qu’avant elle n’ait pu s’en rendre compte elle était dehors avec les échos d’un claquement de porte dans les oreilles.  Les poings serrés sur la rambarde de la jetée, elle regarda à travers la pénombre de la caverne en laissant filer son énervement. L’instant d’après Gerr parvint  lui aussi sur la jetée. Il alluma un cigare à la flamme d’un fanal avant de commencer. « Alors Nicole, on perd ses moyens ? »
Nicole lui jeta un regard aigri. Même à la lueur du fanal, Gerr avait tout de la petite frappe à la belle gueule, prête à toutes les bassesses. « De quoi tu te mêles ?
-De ce qui me regarde. Hugues a bien remarqué ton départ, il va y repenser, et comme d’hab’ il va me demander de mettre sur pied un plan foireux pour t’écarter.
-Et pourquoi tu m’annonces ça ?
-Pour me faciliter la vie. Si tu laisses croire que tu te fous de son trafic et que tu ne t’intéresses qu’à ton labo, il va cesser de me briser les pieds… »
. Il exhala une bouffée de fumée avant de reprendre, faussement nonchalant. « Je voudrais aussi savoir pourquoi un cambriolage et une capture t’énervent tellement. Après tout tu étais la cheffe dans cette histoire.
-Occupe-toi de tes oignons !
-Comme tu veux. En attendant mes oignons c’est : essayer d’écouler ce qu’on a comme butin, et savoir ce qu’on peut tirer de la grosse qu’on a prise en otage…
-Toujours aussi délicat hein !?
-D’accord, je veux  dire: « la grosse blonde en chemise de nuit malpropre ». C’est pas toi qui a du l’assommer la bâillonner, l’emmener au bas de l’escalier et la remettre aux autres idiots. Ce n’était pas une ballerine de la Comédie Royale. »

Il se détourna avant de décocher. « Et si tu tiens à elle, garde un œil sur ce qui se passe. »

Au fil du temps Bianca a fait connaissance avec ceux qui sont dans les cages d’à-côté. Filles de joie, servantes, manouvriers, artisans, nobles d’extractions variables, sont ses voisins, eux aussi emprisonnés  par des malandrins. Certains sont là depuis des semaines, alors que d’autres sont embarqués au bout de quelques jours. Quand à Bianca, lors de son arrivée ses deux compagnons de cage se sont rapprochés : Quel jour on était ? Et quand Bianca n’a pu leur répondre,  leurs manières ont changé du tout au tout : « Dégage mocheté, va crever ailleurs. » Comment aurait-elle pu faire ? Elle a sangloté longtemps en attendant qu’on la sorte de là.

Au Promontoire, le quartier de Salma, c’était bien connu, abritait des gens plus ou moins honnêtes. Loin d’y écorner la morale publique,  les gens y puisaient une ou deux certitudes individuelles, que chacun respectait tout en excluant strictement celles des autres. Le résultat disparate attirait ceux qui appréciaient que l’ordre public s’arrêtât à l’entrée des maisons. Et c’est pour cette raison qu’un restaurant comme le Tournesol Doré tenait parmi ses clients nombre de notables du promontoire ainsi que les chefs de bandes les plus infâmes. Et donc par une radieuse journée d’automne, au deuxième étage, un ruffian musculeux et son patron en cuir noir discutaient sérieusement entre la poire et le fromage.
« Et donc comment va ton négoce de traite ? »
Hugues Deux Poings se saisit d’un pilon de poulet avant de répondre: « Pas trop mal. Les parents crachent les rançons et les centaures ont besoin d’esclaves, donc on fait de bons bénéfices ! » Son interlocuteur lui jeta un regard froid avant de saisir un verre de vin doré. « Et les problèmes sont résolus ? ».
Hugues considéra un instant le reflet du soleil sur le verre avant de répondre à Pierrot Deux Lames. « Lesquels ? ».
Pierrot lui retourna un regard impatient. « Celle qui gémit dans sa cage ». Hugues respira un grand coup avant de répondre :  « La noble du quartier d’Leona ?
-Ecoute encore Hugues. C’est moi qui pose les questions. »
Le fin sourire de Pierrot était devenu un rictus d’impatience. « Alors qu’est-ce que tu es en train de faire à son sujet ? ». Hugues reposa le pilon de poulet dans son assiette. Maintenant il n’avait plus faim du tout. Il se saisit du verre de gros rouge devant lui, le vida d’un trait avant de s’essuyer la bouche.
« Maindargent devrait bientôt arriver avec des nouvelles.
-Hé bien on va l’attendre ! »
Le ton faussement bonhomme de Pierrot était assez inquiétant. Hugues se prépara pour une attente désagréable.
L’ambiance était tendue à l’arrivée de Gerr. Il suffit à ce dernier un coup d’œil pour remarquer la tension sur le visage balafré de Pierrot. Mais déjà Hugues l’interrogeait d’un ton rogue : Alors ? »
Gerr haussa les épaules : « Alors rien. Pas de réaction de la famille. Par contre les Séraphins ont arrêté Klint, la tour a été mise sous séquestre, et quelqu’un a déposé une demande d’enquête au Ministère. »
Pierrot reprit d’une voix doucereuse : « Et ensuite ?
-Le ministère n’est pas un problème. On m’a fait comprendre que la demande était partie aux archives. Par contre les Séraphins vont passer dans le quartier, ils vont interroger les gens. Ils découvriront peut-être la planque. »

D’un signe de la main, Pierrot intima l’ordre de se rapprocher de lui.  Gerr resta sur place, mais Hugues s’exécuta. Pierrot l’attrapa au collet en une prise qui se voulait implacable. Sa voix était devenue un murmure menaçant : « Et il se peut même qu’ils aient repéré les allées et venues des gars de l’équipe qui ont cambriolé la tour l’autre soir. » Il relâcha Hugues avant de reprendre : « On se débarrasse des témoins. On envoie l’otage à l’Arche du Lion.
-Patron, même dans les bouges, ils ne voudront pas d’un cageot comme elle.
-D’accord. Alors on la refourgue aux centaures.
-Patron…Elle n’a vraiment pas la force de trimer dans un camp.
-Bon alors on la donne aux labos des Asuras. Tu y ajoutes deux autres types maladifs. »

Gerr regardait par la fenêtre quand Pierrot conclut : « Puisque les proches ne veulent pas d’elle on n’a pas de raison pour prendre des gants. »

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