Halbion, semi-orc

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Halbion, semi-orc

Message par Adhémar le Jeu 11 Avr 2013 - 18:42

Note de l'auteur:

Encore un BG que j'avais entamé pour un perso sur Lotro mais qui ne sera probablement jamais terminé. Vous n'en saisirez peut-être pas toute l'essence puisqu'il aborde des sujets traités IG mais, comme toujours, je suis en demande de critiques Smile Celui ci est beaucoup plus axé sur le dialogue, chose que je n'aime pas trop faire en général, n'hésitez pas à commenter.

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[HRP : Voici le début du background d'Halbion que j'avais commencé il y a un moment et que j'ai souhaité mettre à votre disposition pour avoir des avis sur la question. Vous verrez que j'ai pris certaines "libertés" dans le but de rendre la chose un peu plus originale. Il est probable que je rejoue Halbion dans les semaines à venir, le temps de terminer Limdil. Concernant la situation géographique de cette histoire je l'ai voulue volontairement floue étant donné le peu de données que nous avons sur les villes humaines situées en Eriador, imaginez un village sans grande importance situé quelque part a plusieurs jour de marche au sud de Bree.]




Halbion


Quelque part, enchainé aux murs de son cachot, une silhouette prostrée racontait l’histoire de sa vie à son confesseur. L’heure était proche où l’homme aurait à monter sur la potence pour répondre des crimes qu’il avait commis… Néanmoins, il lui était vital de raconter pourquoi, de laisser une trace de son existence… Cela faisait des mois qu’il avait renoncé à clamer son innocence, personne ne le croyait, personne ne voulait le croire tant son histoire aurait sapé les fondements même des croyances de tout ces bien pensants avides de le voir se balancer au bout d’une corde. Aussi, comme la coutume le permettait, il avait demandé à faire venir un confesseur, pour qu’enfin quelqu’un l’écoute, ce qui était déjà un miracle au vu de sa situation…

Le confesseur, bien qu’incommodé par la présence de cet être immonde et l’odeur répugnante qui émanait de lui, prenait des notes et n’hésitait pas à poser tout un tas de questions…

─ J’avais tué un ami… J’avais tué un Chevalier Cygne… Si cet acte est la preuve de mes compétences martiales, il n’en demeure pas moins ma plus grande honte, il sera le fardeau que j’aurais à porter jusqu’à la fin de mes jours… Qui semblent proches.
─ Certes, certes, le coupa-t-il, mais redites moi encore une fois, que faisiez vous dans cette région ? Pourquoi n’étiez vous pas parmi vos semblables ? Vous autres ne vivez que de meurtre et de pillage n’est-ce pas ?
─ C’est faux !

Cette assertion eut pour effet de revigorer la créature, il se redressa et ses yeux félins fixèrent le vieux confesseur qui eut un mouvement de recul. De sa voix rauque, le semi-orc reprit :

─ Mi Homme, mi Orc… Je n’inspire que le dégoût et la haine à tous ceux de votre espèce et pourtant je ne suis, comme tout ce qui vit, pas maître de mon destin, pas maître de ma parenté…

Le vieux confesseur eut un mouvement de tête et lança d’une voix hautaine :

─ Quoi qu’il en soit le mal coule dans vos veines à vous autres ! A vous écouter, vous seriez une sorte de martyr, victime d’une erreur judiciaire. Pas maître de votre destin ? Pas maître de votre parenté ? Dois-je vous rappeler ce que votre géniteur a fait subir à la pauvre femme qui vous mit au monde ? Vous et les vôtres n’êtes que des bêtes bonnes à abattre ! Regardez ce que vous avez fait à cette modeste famille avant-hier !

Le prisonnier lança un hurlement qui résonna dans toute la prison. Il fit un mouvement rapide pour se jeter sur le vieil ecclésiastique mais les chaines qui le retenaient firent leur travail et son mouvement fut stoppé net. La douleur qui lui étreignit les poignets le ramena à la raison et la créature se laissa glisser au sol, le long du mur.

─ Je ne suis pas l’un des leurs… Je ne suis pas une bête… J’ai beaucoup fait pour les vôtres. Et vous ? Qu’avez-vous fait pour vos congénères, vieil homme ? J’ai accompli maintes choses que beaucoup des vôtres n’ont pas faites, j’ai risqué ma vie à de nombreuses reprises pour sauver des êtres qui ne m’accordaient en retour que haine et dégout…

Le sourcil haut le confesseur notait tout ce que le semi-orc disait, il était éduqué et parlait bien. En vérité il semblait bien loin du portrait que ses détracteurs avaient dressé de lui. Peu de gens avaient eut l’occasion d’écouter le récit d’une créature telle que lui, cela allait lui rapporter gloire et fortune pensait-il. Il ne savait pas encore que le récit de la bête allait profondément changer sa vie et ses croyances…

─ Rejeté par les hommes, je n’étais pas mieux accueilli par les Orcs… Chaque fois que j’eus le malheur d’être en présence des ces être abjects la souffrance fut mon lot quotidien. A voir mes vêtements, mes manières et l’odeur que je portais, ils devinaient que je cherchais à vivre parmi les Hommes, aussi me faisaient-il payer cela par maintes séances de tortures et humiliations diverses. Je les rejetais de toutes mes forces, et pourtant ces longues secondes de souffrances me paraissaient bien plus douces que le temps passé à voir la peur s’afficher sur le visage des humains puis à devoir fuir sous peine de subir leur colère.

La voix du semi-orc se fit plus douce, plus calme et après avoir déglutit avec difficulté, il reprit :

─ Et pourtant je les aimais, j’enviais leur audace, leur savoir faire et leur courage. J’aurais tout donné pour être accepté parmi eux, je rêvais toutes les nuits que je devenais un homme véritable… Mais cela n’était pas possible, alors j’ai décidé de lier ma vie à la leur dans l’espoir qu’un jour, quelqu’un m’accepte et que je puisse vivre et apprendre parmi eux. Car j’avais soif d’apprendre voyez-vous ? La lecture, l’arithmétique, la culture, la forge, la philosophie… Tout ce qui faisait la grandeur des hommes me fascinait. Mais de tout cela je ne savais rien, j’avais simplement hérité, de par ma vie de vagabond et mes quelques années en compagnie des Orcs, d’une certaine aptitude au combat et de connaissances fort utiles sur leur manière de faire et de penser.

─ Vous vous seriez retourné contre les vôtres ?

Une nouvelle fois, la question du vieil homme irrita fortement le semi-orc :

─ Pas les miens ! Je ne suis ni Orc… Ni Humain. Et pourtant oui, bien que rejeté par tous, j’ai œuvré dans le but de protéger les vôtres. Drapé de noir, j’ai parcouru la Terre du Milieu et partout où je trouvais des Orcs, je faisais tout mon possible pour les éradiquer. Seul ce n’était pas facile, j’usais de toutes sortes de stratagèmes, de pièges, d’embuscades… Parfois je me laissais voir par les populations humaines pour leur faire prendre conscience de la présence d’Orcs dans les parages…

Le confesseur semblait troublé, pendant un instant seul le bruit du grattement de la plume et leurs respirations entremêlées se faisaient entendre.

─ Puis vint un jour où ma chance tourna. Un chef Orc et sa horde se mirent à ma poursuite et eurent tôt fait de me cerner au milieu d’un sombre bosquet. Ils me capturèrent et plutôt que de me tuer sur place entreprirent de me rapporter jusqu’à leur camp pour s’amuser un peu… Ce furent les plus longues heures de ma vie, les diverses méthodes de torture se succédaient sans qu’ils n’aient d’informations à me soutirer. Avec un infini plaisir, le chef de cette troupe me fouettait, me brulait, me battait, bientôt ils décidèrent de me couper en morceaux tout en me gardant le plus longtemps possible en vie…

Ces mots firent frémir le confesseur, qui pour la première fois ressentit une pointe d’empathie envers le prisonnier.

─ Que s’est-il passé ensuite ?
─ Ensuite… Alors que je priais pour mourir le plus vite possible, une clameur se fit entendre à l’autre bout du camp. Des chocs, des bruits métalliques, des cris : un combat avait lieu. J’étais presque inconscient alors je ne saurais vous décrire tout les détails de la bataille mais je me souviens clairement que ce soir là, un seul homme vint à bout d’une dizaine d’Orc. Engoncé dans une armure bleutée, l’homme se présenta comme étant Pansedefer, le Chevalier d’Azur. Et à ma grande surprise, il ne montra aucune haine ni mépris à mon égard. Il me détacha et pris soin de moi jusqu’à ce que je me rétablisse. Avec le temps une forte amitié naquit entre nous et il m’apprit quasiment la totalité de ce que je sais. Je combattis avec lui, j’appris l’alphabet et un peu d’arithmétique ainsi que l’histoire de la terre du milieu. Il savait que je ne serais jamais Chevalier mais il m’apprit tout de même comment me comporter en tant que tel.

La nuit était tombée et le semi-orc continuait inlassablement son laïus, il n’oubliait aucun détail, se voulait le plus précis possible. Le confesseur commencait à donner quelques signes de fatigue mais, prit dans l’histoire du prisonnier, il ne pouvait se résoudre à écourter l’entretien, il ne lui restait que quelques heures avant l’exécution de ce dernier.

─ En vérité, Pansedefer était le fils d’un chevalier de Dol Amroth. Je n’ai jamais véritablement connu les raisons de sa présence en Eriador alors que ses compétences militaires auraient été d’un grand secours pour les siens. Mais je ne l’interrogeais pas sur ses raisons, c’était un homme meurtri qui tout comme moi avait voué sa vie à l’éradication de toute forme de corruption. Néanmoins il n’était pas seul, il avait trouvé quelques compagnons et avait fondé, avec leur aide, une compagnie d’aventuriers. Des mercenaires en quelque sorte, vendant leurs services pour subsister. Les Lames d’Eriador, il me semble que c’est ainsi qu’ils se nommaient… Et bien que Maître de cet ordre, il avait dû les quitter pour je ne sais quelle raison. C’était un homme très secret vous savez… A plus d’une reprise il m’avait proposé de les rejoindre, mais je ne pouvais me résigner, par peur, à les retrouver sans lui.
─ Un Chevalier ? Quel étrange concours de circonstance, nous n’avions plus vu de Chevaliers dans cette partie du monde depuis la chute d’Arthedain… Êtes-vous resté longtemps en sa compagnie ?
─ A peine une saison… Un drame eut tôt fait de nous séparer…


Le semi-orc cessa de parler, les yeux rouges. Sa nature ne lui permettait pas de pleurer, mais le vieil homme devinait qu’il l’aurait fait s’il avait pu. Sans s’en rendre compte, le confesseur était passé de haine et dégout à une certaine tristesse envers le prisonnier.

─ Je devine que vous étiez vraiment proches.
─ Plus que cela. Pansedefer, de son vrai nom Endil, était devenu un père pour moi. C’est cet homme qui me baptisa Halbion. C’est lui qui décida de me nommer ainsi et c’est pourquoi je porte ce nom avec fierté.


Avec délicatesse, le confesseur demanda :

─ Et… Qu’est-ce qui vous força à vous séparer de lui ?
─ Un drame… Un acte que je regrette amèrement… Je l’ai tué.


Le vieil homme eut un mouvement de surprise.

─ Qu-quoi ?
─ Hélas je n’eus d’autre choix que de mettre fin à ses jours… C’était lors d’une nuit sombre, nous avions pénétré dans un réseau de souterrains au cœur d’anciens galgals quand des Draughr nous tombèrent dessus par surprise…

Halbion avait toutes les peines du monde à raconter cette histoire, sa voix était entrecoupée de bruits rauques, de sa respiration saccadée. Ce spectacle était d’une extrême bizarrerie pour le confesseur qui doutait qu’aucun être vivant n’ait jamais vu un semi-Orc exprimer du remord et de la tristesse.

─ Nous avons combattu… Avec acharnement nous portions des coups d’une force et d’une vitesse que nous n’aurions jamais cru pouvoir porter… Mais les morts était trop nombreux, trop résistants… Chaque ennemi abattu se relevait… A chaque ennemi vaincu des dizaines d’autres apparaissaient. Et bientôt nous nous retrouvâmes séparés… Je parvins à fuir dans une galerie, je courais à toutes jambes vers la sortie, pensant que le Chevalier m’y retrouverait… Hélas, à mon arrivée, s’il était bel et bien là, la corruption du galgal avait déjà fait son œuvre sur le pauvre homme… Il se dressait entre la sortie et moi…


Sans que le prisonnier n’ait à terminer son récit, l’ecclésiastique avait deviné ce qui avait dû se produire. Le semi-Orc était peut-être, de par sa nature, plus résistant à la corruption que son mentor tout chevalier qu’il était.

─ Il était là, le regard vide… Une partie de son visage avait été arrachée et du sang maculait son armure auparavant si brillante… Je savais ce qui m’attendait mais je restais là figé, incapable de lever mon arme sur celui qui fut pour moi un père. Lorsqu’il se tourna vers moi, il ne sembla même pas me voir puis… se rua sur moi en poussant un grognement inhumain… Je me suis battu, de toutes mes forces, mais je ne parvenais pas à le mettre à mort… Etait-ce mon infériorité martiale ou un blocage mental ? Je ne saurais le dire… Mais cette situation devint vite inextricable. Le bruit avait rameuté tout les Draughr que j’avais semés, j’étais encerclé et j’avais à peine quelques secondes pour tenter quelque chose…
─ Qu’avez-vous fait ? Comment avez-vous pu vous sortir d’une pareille situation ?
─ Je me suis saisi d’une lampe à huile… Et l’ai jetée sur mon vieil ami… Il s’enflamma instantanément et ce fut l’occasion pour moi de lui porter un coup d’espadon qui lui sépara la tête du reste du corps… En le repoussant contre les poursuivant je suis parvenu à atteindre la sortie et je me suis enfuit à toutes jambes… J’avais tué le seul qui m’ait jamais accepté… Depuis, jamais je ne suis retourné là bas, par peur que le remord ne me foudroie…
─ Je… Je crois que n’importe qui aurait fait pareil à votre place… Votre ami était déjà perdu…
─ Peu importe, jamais je n’aurais du fuir en le laissant dans ces souterrains…
─ Et ensuite ? Qu’avez-vous fait ?
─ Je suis monté au nord… J’ai rejoins les Lames d’Eriador en leur portant la nouvelle du décès de leur ami… Mon accueil ne fut pas des plus chaleureux mais je comprenais leur peine. Je suis resté quelques temps, mais leurs questions se firent pressentes, à plusieurs reprises ils manquèrent de découvrir ma véritable nature, plusieurs fois ils faillirent m’arracher mon masque et mon capuchon… Leur méfiance s’accru tandis que leurs questions devenaient plus précises… Je savais que je ne devais pas leur dire la vérité sans quoi ma vie prendrait fin sur l’heure mais je n’arrivais pas à non plus à les quitter. Je ne pouvais me résigner à abandonner ce qui comptait tant pour mon maître… Puis les Lames commencèrent à s’entre-déchirer, des querelles naquirent, un certain nombre partirent, l’héritage de mon ami était mort, tout comme lui. C’est à ce moment que je repris ma route et ma quête d’antan : combattre la corruption…


Au dehors le ciel prenait une teinte orangée : le soleil se levait. Dans une heure tout au plus le prisonnier serait exécuté. Le confesseur voulait désormais connaitre le fin mot de l’histoire, aussi il interrompit Halbion :

─ Pardonnez moi mais quel est le rapport avec cette famille que vous avez massacré il y a deux jours ?

Jetant un regard à travers la fenêtre barrée de son cachot Halbion sourit :

─ Vous avez raison… L’heure de la délivrance est bientôt arrivée. Je vais faire court, de toute façons cette partie de ma vie n’a fait que confirmer mes craintes : le chaos renaissait bel et bien et hormis quelques belles batailles il n’y eut pas d’élément majeur dans ma vie…
─ En dehors du meurtre d’une innocente famille ?


Halbion eut un éclat de rire :

─ Innocente ? Ha ! Êtes-vous à ce point si crédule ? Ces fermiers n’étaient autres qu’une bande de bandits de mèche avec les Dunlending qui vivaient plus au sud. J’ai découvert qu’ils donnaient des informations sur les défenses du nord à leurs amis du sud… Je croyais vous avoir démontré mon envie de vivre parmi les vôtres. Pourquoi aurais-je éliminé des innocents ? Ces gens étaient en vérité des bandits du plateau noir qui préparaient une invasion du nord… En crevant ses yeux, je rendais la bête aveugle ! Voilà toute la vérité.
─ Mais… Pouvez-vous le prouver ? Il est peut-être possible de…
─ Non ! Vos juges, vos bourreaux… Jamais ils n’accepteront de me croire… La populace attend mon exécution, il ne sera pas possible de modifier le cours des choses dans l’heure qui arrive. Mais, après mon exécution, chevauchez au nord avec quelques notables, et cherchez la trappe sous le tapis de la chaumière de ces bandits. Vous y trouverez toutes les preuves que vous voulez et peut-être même des informations sur un certains nombre d’espions au sein de la communauté.


Le confesseur était éberlué ! Bien sur il était possible que ce semi-Orc mente mais quelque chose clochait. Le maire du village avait ordonné une exécution publique, ou plutôt une exhibition de celui qui avait tué ces gens. Mais pourquoi ? En temps normal, le semi-Orc aurait été tué sur le champ, on ne se serait pas embarrassé d’une exécution comme on le ferait pour un Homme… Et puis lui avoir accordé le droit de voir un confesseur… Très étrange. Et plus il y pensait, plus il se rendait compte que quelque chose ne tournait pas rond. Mais alors qu’Halbion et son confesseur se muraient dans leurs pensées un bruit se fit entendre au dehors, puis un cheval parti au galop…

─ Qu’est-ce que… ?

Le vieil homme couru à la fenêtre pour voir qui cela pouvait bien être mais le soleil rasant lui brulait les yeux et il ne parvint à voir qu’une silhouette qui s’éloignait vers le village.

─ Décidément, toute votre histoire est bien étrange, ainsi que toute cette situation… Il me faut voir quelqu’un. Je ne peux rien vous promettre, et je dois dire qu’une partie de moi émet encore quelques réserves quand à vos dires mais je crois qu’il serait injuste de ne pas vous donner votre chance de vous exprimer. L’exécution aura normalement lieu dans une heure environ, je tâcherais d’être revenu d’ici là.

Sur ces mots le vieillard se retira et laissa Halbion dans ses pensées.
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