BG Adhémar

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BG Adhémar

Message par Adhémar le Sam 27 Avr 2013 - 15:43

- Moi, Adhémar de Molay, jure devant les six d’aimer, de chérir et de respecter, jusqu’à ce que la mort me prenne, Alienor d’Azincourt, mon épouse devant les dieux et les hommes… AAAAAAAAAAAAAH !

Le jeune homme venait de se réveiller en sursaut. Dans la tiédeur de cette nuit d’été, le torse nu perlé de gouttes de sueur, le drap tombé à coté du lit, il se tenait assis, le regard écarquillé, encore choqué par le cauchemar qu’il venait de faire. Que se passait-il ? Ces temps-ci il ne cessait de refaire le même rêve… Epouser une femme, fut-elle la plus belle du monde, n’était pas dans ses projets à court terme. Il souhaitait trop s’amuser pour se mettre ainsi la corde au cou. Se rabrouant mentalement, il décida de se lever pour aller avaler quelque chose.

Les couloirs de ce palais n’étaient éclairés que par la lumière de lune qui diffusait une lueur bleutée à travers les vitraux. Adhémar déambulait dans les couloirs sans vraiment savoir ou se trouvaient les cuisines. Ce n’est qu’après une bonne dizaine de minutes qu’il parvint enfin au seuil des cuisines. Au dehors, les oiseaux commençaient à chanter et une faible lumière orangée venait troubler l’obscurité. Il poussa la porte et tomba nez à nez avec la jeune apprentie cuisinière. Vêtu uniquement de braies moulantes, le torse musculeux, les épaules puissantes et le port altier, cette apparition ne pouvait que troubler la jeune fille…

- AU VIOL ! AU VOL ! AU MEURTRE ! A L’ASSASSIN !
- Mais… Mais… Aie ! Ouille ! Non… Pas… Mais !


Surprise et en colère, la jeune femme avait entreprit de l’assommer à coup de poêlon et c’est en se protégeant le visage des coups qu’il prit la fuite au hasard des couloirs…

Après quelques minutes de poursuite, il avait enfin semé la jeune mégère quand il se rendit compte qu’il ne savait aucunement dans quelle portion du palais il se trouvait et donc, comment regagner sa chambre. Si possible, il aurait souhaité éviter la honte et les rires en évitant de demander son chemin à un garde ou un domestique. Là, immobile au centre du couloir, il commençait à désespérer quand une porte s’ouvrit. Une femme passa la tête au dehors, regarda le jeune homme et lui fit signe de rentrer.

- Il me semblait bien avoir entendu les bruits d’une course effrénée…

Le regard pétillant, un sourire éclatant lui barrant le visage, elle avait dit tout cela d’un ton amusé et mystérieux. Elle n’était vêtue que d’une simple chemise de nuit, brodée, avec quelques dentelures ici et là, qui ne cachait que sa plus stricte intimité. Et quand elle alla s’asseoir sur son lit, Adhémar eut tout loisir de contempler des cuisses.

- Croyez bien gente dame que je ne souhaitais pas vous réveiller.
- Mon cher rien ne me fait plus plaisir que vous m’ayez réveillée…


Le pouls du jeune noble s’accéléra, il comprenait où elle voulait en venir. Un sourire s’afficha sur son visage et il reprit :

- Je ne pense pas que l’hospitalité de votre père irait jusqu’à…
- Ce que l’hospitalité de mon père ignore… Ne peut la desservir bel Adhémar.
- Oh… En ce cas, dites moi ce que je pourrais faire pour me faire pardonner votre réveil ?
- Vous pourriez peut-être… Me tenir compagnie quelques instants ? C’est qu’il fait froid ces jours-ci…

Adhémar savait qu’elle mentait, il faisait si chaud que lui-même avait dû se dévêtir durant la nuit. Mais il n’était pas idiot, et n’allait pas laisser passer une opportunité pareille. Il s’approcha donc du lit et se glissa aux cotés de la belle jeune femme. Elle avait de beaux cheveux blonds, deux grands yeux verts, un visage comme sculpté par les dieux et un corps jeune et voluptueux. Quand, d’un geste, elle défit le cordon qui retenait les braie du noble, Adhémar comprit qu’elle n’en était pas à son coup d’essai…

- Ouvrez ! Ouvrez vous dis-je !

Adhémar fut réveillé en sursaut. On tambourinait à la porte. Quel idiot il avait été de s’endormir ! La diablesse l’avait totalement épuisé. Quand il se releva, ses membres tremblaient de fatigue, son corps dégoulinait de sueur et son estomac criait famine.

- Vite ! Ma douce, il vous faut me cacher ! Votre père…

La jeune femme se leva, le visage goguenard. Elle s’approcha du jeune noble, le gratifiant d’une caresse sur le torse et saisit ses braies qui, dans la fougue de leurs ébat, avaient été projetées au loin.

- Mon père… Pourquoi vous cacher ? Vous êtes mon agresseur après tout…
- Quoi… Que… ?


C’est quand il croisa le regard amusé de la jeune femme qu’il comprit. Elle prenait un immense plaisir à toute cette situation. A la manière d’une veuve noire, elle s’était délectée de leurs ébats et allait maintenant être la cause de son trépas. Elle se mit à rire doucement, et tout en lui caressant le visage, elle jeta les braies d’Adhémar dans l’âtre de la cheminée. Son seul vêtement, faut-il le rappeler. Il était estomaqué ! Il s’était fait avoir comme un bleu !

- Ah ! La sal…

Il n’eut le temps de terminer sa phrase que des chocs sourds retentirent. On cognait contre la porte qui n’allait pas tarder à céder. De l’autre coté, le châtelain s’énervait :

- J’arrive ma douce fille ! J’arrive Mélopée !

Les coups redoublèrent d’intensité, la porte craquait, les gonds allaient céder d’un instant à l’autre et, Adhémar, nu comme un vers, ne vit d’autre alternative que de fuir par la fenêtre. Quelques dizaines de pieds plus bas, le lac attenant au château semblait calme. « Pourvu qu’il soit assez profond » se dit le jeune Noble.

Quand la porte céda, c’est vêtu de son plus simple appareil qu’il se jeta dans les étendu d’eau, encore trop fraîches à son gout, en contre bas. Il nageait le plus vite qu'il pouvait quand il entendit des cris venant de la fenêtre de la chambre de Mélopée. Le Seigneur enrageait de n'avoir pu le capturer.

- Je t'aurais bougre de saligaud ! Je t'aurais ! On ne dira pas que l'on peut prendre la vertue de ma fille sans en payer le prix ! Foi d'Enguerrand !
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Re: BG Adhémar

Message par Adhémar le Sam 27 Avr 2013 - 20:47

Il nageait depuis maintenant plusieurs dizaines de minutes quand il estima être suffisamment éloigné du château pour regagner le rivage. Se saisissant d’une touffe d’algues, il sortit de l’eau en cachant son intimité du mieux qu’il pouvait. Le soleil était maintenant complètement apparu et la température était suffisamment élevée. Il n’avait pas vraiment froid mais il grelottait. Il craignait qu’on ne le voit dans cette piteuse situation mais ne savait comment faire pour trouver des vêtements et de la nourriture sans avoir à rencontrer quelqu’un.

C’est sans avoir prit de décision qu’il longea le rivage, allant de bosquet en bosquet. Au loin il voyait une fumée de cheminée qui s’élevait dans le ciel bleu et il croyait se souvenir de la présence d’une ferme dans ce secteur. « Adhémar, voilà ton salut » pensa-t-il. Il escomptait s’y rendre discrètement, voler quelques vêtements et si possible une pomme ou deux. De là il pourrait s’organiser. Il avait laissé ses biens au château d’Enguerrand et ne comptait pas le laisser en profiter. Il avait trop trimé pour lui laisser l’usage de son armure, de ses armes et de sa bourse bien garnie.

S’avançant le plus furtivement possible, il atteignit bientôt les clôtures de la ferme. Un coup d’œil à gauche, un coup d’œil à droite. Personne. « Parfait ! » pensa-t-il. Toujours muni de sa touffe d’algues qui commençait à devenir odorante, il enjamba la clôture d’un geste vif et gracieux. Non sans récolter une ou deux écharde à un endroit de son anatomie que la décence nous impose de ne pas mentionner. Luttant contre la douleur, et adoptant une démarche bien chaloupée lui permettant de minimiser les sensations, il entama la traversée du champ quand un bruit retentit derrière lui. Un meuglement, suivit d’un bruit de grattement. Il tourna la tête lentement et… « Oh, non ! ». Il était entré dans l’enclos du taureau de bât.

- Doucement petit… Doucement… Je m’en vais… Regarde, je te laisse…

Sous l’œil courroucé du taureau, il continua sa traversée, à reculons, sans le quitter du regard. Mais bientôt, quelque chose attira son attention sur la bête. Qu’était-ce donc que cette chose qui pendait entre ses pattes postérieures ? « Nom de… Il me prend pour une vache ! » Ni une, ni deux, sa vertu étant engagée, le jeune noble se rua en avant, suivit de près par le taureau en rut. Il sentait son souffle, il entendait sa puissante respiration… Heureusement, cet enclos n’était pas très grand et il parvint non sans peine à attendre l’autre coté et à escalader la clôture, récoltant quelques échardes supplémentaires. « Fiouuuu c’était moins une » se dit-il.

Avant de poursuivre, il jeta un regard tout autour pour s’assurer que personne n’avait assisté à la scène. Par chance, il ne semblait y avoir personne dans les parages. Juste en face de lui se trouvait la réserve, il décida d’y entrer pour voir s’il ne trouverait pas quelque chose à se mettre. Il chercha longtemps, plusieurs dizaines de minutes, il fouilla les étagères, retourna les cageots, farfouilla dans les tas de débris divers… Il ne s’était pas rendu compte du bruit qu’il causait quand une voix s’éleva derrière lui :

- Que vois-je ? Un vagabond, nu comme un vers, qui tente de voler ?!

Adhémar, n’était pas homme à se laisser insulter, il se retourna prestement pour répondre mais fut troublé par la personne en face de lui. Une jeune femme, d’une grande beauté bien que d’origine paysanne. Elle avait une chevelure rousse et deux grands yeux caramel. Des tâches de rousseur sur le visage et les bras. Elle était vêtue de vêtements de travail légers qui laissaient deviner des formes généreuses. Il se reprit et répondit :

- Sachez, demoiselle, que je suis Adhémar de Molay et pas un vulgaire voleur ! Je ne cherche pas une quelconque richesse à vous voler mais de quoi couvrir mon corps. Une bien vilaine aventure qui m’est arrivée et…
- N’en dites pas plus Molay. Je crois bien que j’ai ce qu’il vous faut. Mais avant… Il va falloir être arrangeant…

Le visage de la jeune femme s’était fendu d’un petit sourire coquin. Elle avait détaché ses cheveux et commençait à déboutonner son chemisier. Adhémar n’en revenait pas… « Décidément ton charme est fatal Adhémar ! » pensa-t-il. La jeune femme s’approchait et vint bientôt se coller contre lui. Il sentait ses formes voluptueuses s’écraser contre son torse si bien que sa virilité ne tarda pas à se manifester, chose qui ne laissa pas la jeune femme indifférente :

- Je vois que vous êtes bien vigoureux Molay… Attendez ici que j’aille m’arranger un peu et puis…

Dans un clin d’œil elle tourna les talons et sortit de la réserve de sa démarche si féminine. Adhémar n’y croyait pas. Il se savait séducteur, il savait que son apparence et ses proportions ne laissaient pas les femmes indifférentes mais là… Il commençait à se croire irrésistible. D’un geste, il retira les quelques détritus sur le sol, il étala de la paille et s’allongea en attendant sa future conquête.

Un bruit de pas se fit entendre au dehors et la porte s’ouvrit. Habitué à l’obscurité de cette réserve, Adhémar ne vit pas tout de suite qui était la personne qui entrait mais il comprit bien trop tard que cette silhouette n’était pas celle de la belle rousse.

- Qui êtes vous ?

Il tenta de se relever mais la silhouette se jeta sur lui et l’immobilisa au sol. La bougresse devait bien faire le double de son poids, elle avait deux bras musculeux et une poitrine abondante qui manquait d’étouffer le jeune garçon. Elle s’exprima d’une voix grave, teinté d’un accent du sud :

- Je suis Gertrude ! Ma sœur m’avait bien parlé d’un cadeau dans la grange. J’aurais pas cru qu’elle m’est dégotée un aussi beau garçon… Grrr !
- Ah non… Non mais je… Nooooooooooon !

Gertrude s’était saisie de l’intimité du jeune noble et… La bienséance nous force à ne pas conter la suite de cette péripétie ici. Sachez seulement que pour la première fois de sa vie, Adhémar eut conscience de ce qu’était se faire voler sa vertu.


Dernière édition par Adhémar le Mer 8 Mai 2013 - 0:16, édité 1 fois
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Re: BG Adhémar

Message par Adhémar le Lun 29 Avr 2013 - 19:47

Le soleil se levait sur la vaste prairie. Sa lumière orangé vint réchauffer les quelques touffes d’herbe encore immaculées. Ici et là se trouvaient quelques brindilles et même une pâquerette, seule survivante après le massacre. Cette prairie d’ordinaire si paisible était rougie par le sang. Par endroit, de larges flaques de sang, mêlées à la rosée, se rejoignaient pour former des mares écarlates. Dans le ciel les corbeaux tournoyaient, attendant leur heure. Ils lorgnaient sur la multitude de cadavres gisant, et s’apprêtaient à fondre sur les quelques corps gesticulants et hurlant de douleur. Par endroit, de la fumée s’élevait dans le ciel, issue d’anciens feux de camp. Ici et là, des tentes incendiées et des charriots renversés brisaient la monotonie de ce macabre spectacle. Ici la mort rôdait en maître incontesté et, ce soir là, elle avait tenu un festin. Un étendard, encore fiché dans le sol, claquait au vent. Il portait l’emblème des Séraphins. Et juste à son pied, se trouvait un malheureux soldat, le dos criblé de flèches archaïques, qui tenait, jusque dans la mort, sa précieuse bannière. Il ne devait pas avoir plus de dix-sept ans. Il avait les cheveux d’un blond scintillant, deux yeux vert émeraude et le visage d’un ange. Son expression, figée dans la mort, affichait la stupeur et la peur.

C’est quand les corbeaux se décidèrent enfin à sortir pour tenir un festin qu’ils furent dérangés par un bruit inhabituel. Reprenant leur envol, ils jugèrent plus sage d’observer l’intrus depuis le ciel et ce qu’ils virent leur sembla bien étrange… Un chariot renversé venait d’être retourné dans un craquement sonore et une silhouette se redressait dans la brume ambiante. Se masquant le visage pour se préserver de l’odeur nauséabonde, elle émergea d’un tas d’immondices. L’homme, visiblement très jeune, portait l’armure des officiers Séraphins. Son casque était entaillé si profondément qu’il avait été presque fendu et sa peau, en dessous, avait été légèrement coupée. D’un geste fébrile, en cherchant à se faire le moins mal possible, il le retira de son seul bras valide et le laissa chuter au sol. Du même bras, il défit la boucle de son ceinturon et laissa tomber son fourreau, il avait, de toutes façons, perdu son épée dans la bataille. S’appuyant sur la roue du chariot qu’il venait de renverser, il s’extirpa de son abris de débris et déambula au milieu du champ de bataille devenu nécropole. Tout autour de lui, la mort, le froid, le néant… Il ressentit un tel vide, un tel désespoir, qu’il en oublia sa propre existence. Il ne parvenait même pas à pleurer, comme toujours, il en était incapable. Alors, boitillant, il poursuivit son avancée quand il vit l’étendard encore debout, et le cadavre encore accroché au mat. Il connaissait ce gamin, Eddard, une toute jeune recrue n’ayant même pas encore terminé ses classes. Très gentil, quoi qu’un peu simplet, mais toujours prompt à venir en aide aux autres. Pris d’un élan d’affection, le survivant s’approcha du corps et, se baissant, lui referma les yeux. Puis il se saisit de l’étendard et dû lutter contre son propriétaire qui ne voulait le lâcher. Enfin, dans un craquement sinistre, le cadavre lâcha prise et le survivant pu, après avoir arraché le fanion, utiliser le mât comme d’un support pour marcher.

Déambulant entre les corps et les obstacles, sa jambe blessée le faisant souffrir, il ne parvint à traverser le champ de mort qu’au bout de plusieurs dizaines de minutes, un temps lui paraissant interminable. Il escaladait une petite bute quand il entendit des champs et des percussions au loin devant lui. Intrigué, il força le pas, serrant les dents quand la douleur devenait insupportable. Puis soudain, l’horreur…

Parvenu au sommet de la colline, il avait une vue imprenable sur la campagne en contrebas, de l’autre coté. Et ce qu’il voyait ne faisait que le remplir de terreur. Les yeux écarquillés de peur, les membres tremblants, il lâcha son support ce qui eut pour effet de le faire s’écrouler. Il n’avait plus la maîtrise, ni de son corps, ni de ses émotions. Trop paralysé par la peur qu’il ne pensait même pas à fuir. De toute façon, une fois repéré il n’aurait aucune chance de leur échapper. Car les centaures sont des créatures rapides et profondément rancunières, et les quelques centaines qui fêtaient leur victoire dans le camp en contrebas auraient très vite fait de le rattraper et de lui faire payer chèrement son audace d’être toujours en vie. Alors il restait là, à les contempler, certains chantaient, dansaient, tapaient sur des instruments en bois et en peau. D’autres agitaient leurs armes en hurlant et certains jouaient avec des cadavres humains, faisant rouler les têtes et agitant les membres arrachés. Et dans une cage, un peu à l’écart, une demi-douzaine de survivants attendait leur tour, contemplant avec effroi la mort et la souffrance s’approcher.

Puis, comme saisissant l’importance de son devoir, il se ressaisit peu à peu. « Que faire ? Ils sont bien trop nombreux, et je suis bien trop handicapé par ces blessures pour pouvoir tenter de m’approcher subrepticement… ». Et tandis qu’il pensait, qu’il recherchait la faille lui permettant de venir en aide à ses camarades, un bruit de sabot retentit un peu plus loin derrière lui. Ni une, ni deux, il roula sur le coté jusqu’à atteindre un buisson touffu sous lequel il resta terré, attendant que la patrouille passe. Et il resta plusieurs heures, incapable de décider d’un plan d’action. En pendant ce temps, un a un, les survivants étaient extirpés de la cage et servaient de jouer aux cruels centaures.

Il vit son capitaine, chaque membre attaché et relié à un centaure, qui hurlait de douleur alors que les bêtes tiraient chacune dans une direction différente jusqu’à ce que le corps cède et se rompe dans un geyser de sang et de tripes. Dans son buisson, le survivant eut du mal à retenir un haut le cœur et il vomit… Puis soudain, un hurlement suraiguë attira son attention vers le campement. Le dernier prisonnier… La dernière… Elanna, son aimée, sa promise… La guérisseuse du régiment. Que faisait-elle ici ? Les troupes de support étaient censée avoir rebroussé chemin ! Son sang ne fit qu’un tour, il fallait faire quelque chose ! Il ne supporterait pas que… que…

Trop tard… Les bêtes l’avaient saisie… Ils allaient…

- Yaaaaargh !

Le corps ruisselant de sueur, l’œil encore écarquillé de peur, tremblant comme une feuille, Adhémar de Molay venait de se réveiller, en nage, encore une fois. Son drap, trempé de sueur, avait glissé du lit, et maintenant, il grelotait. « Encore ce stupide rêve ! » s’emporta-t-il. Machinalement, il se saisit de l’étoffe pourpre qu’il gardait toujours sous son oreiller. Son contact le calma instantanément. Sur un coin était brodé un nom… Elanna…

Adhémar s’était rendormi, en pleurs.
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Re: BG Adhémar

Message par Adhémar le Mar 30 Avr 2013 - 22:12

- Croyez bien que je suis désolé ma belle amie… Mais il me faut partir sur l’heure, une affaire urgente voyez vous.

Adhémar venait de fermer la lourde porte de bois menant à la chambre malgré les supplications de la demoiselle. Ajustant sa tunique et serrant sa ceinture, il allait partir quand le battant de bois s’entre-ouvrit derrière lui. Sur le seuil de la porte, se servant d’un drap pour cacher sa plus stricte intimité, une jeune fille d’une vingtaine de printemps le regardait suppliante. Elle arborait une longue chevelure blonde, bouclée, qui lui tombait jusqu’aux fesses, son corps élancé était humide de sueur et ses deux yeux bleus fixaient Adhémar avec intensité.

- Rentrez belle amie, vous allez prendre froid.
- Je n’ai que faire de prendre froid Ser de Molay. Je vous veux vous, et vous seul. N’aviez vous pas promit que nous passerions le reste de notre vie ensemble ?


Se détournant, Adhémar baissa les yeux, circonspect. Sa lâcheté lui devenait de plus en plus difficile à surmonter. Se parant de son plus beau sourire, laissant étinceler ses dents blanches et la regardait d’un œil à la fois plein d’assurance et de confiance il lui répondit de sa voix suave :

- Mais n’allez pas croire que je vous abandonne ma douce ! J’ai bien l’intention de revenir pour tenir promesse ! Ayez foi en moi !

La discussion avait duré encore quelques minutes où, jouant de ses atouts de séducteur, il était parvenu à la convaincre de son retour prochain. Bien entendu, il ne reviendrait pas. Il n’y avait aucun intérêt. Quand le notaire apprendrait que sa fille avait été souillée par un tombeur tel que lui, nuls doutes qu’il n’hésiterait pas à engager quelques hommes pour le rosser. Sauf s’il promettait de l’épouser bien sur, ce qu’il ne comptait aucunement faire. La fille, il avait déjà oublié son nom, avait été d’une délicieuse compagnie. Certes, plutôt gauche dans la pratique des activités intimes, la cause à son inexpérience, elle était néanmoins d’une douceur et d’une fougue qui ne l’avait pas laissé indifférent. Mais elle n’avait plus aucune importance dès l’instant où il avait passé cette porte. Elle trouverait bien un homme pour l’oublier. En sortant de cette auberge, il ressentit soudain une douleur aux épaules, se passant la main, il s’en souvint la raison : la diablesse, dans une furie passionnelle, l’avait violemment griffé. Il était sorti de l’auberge quand il croisa le notaire qui se dirigeait vivement à l’intérieur, quelqu’un l’aurait renseigné sur les activités nocturnes de sa fille… Adhémar accéléra le pas et se fondit dans la foule du Promontoire Divin.

Il connaissait parfaitement cette cité et ses recoins. Et pour cause, sa famille y avait toujours vécue. Son père, Théobald de Molay, n’était pas peu fier quand il disait aux gens que leurs aïeux avaient participé à la création de cette immense cité. Adhémar y avait passé toute son enfance, il avait déambulé dans les moindres recoins, il avait tout exploré de cette capitale. Aussi il se déplaçait sans vraiment regarder où il allait, ses pieds le menaient tout seul vers sa destination, à savoir la grande porte. C’est à l’angle d’une ruelle qu’il se rendit compte que le chemin le menait devant son ancien cantonnement chez les Séraphins. Il tenta de refouler, sans succès, une bouffée de souvenirs…

Il était là, au garde à vous, sur la place d’armes. C’était l’époque où il faisait ses classes, l’époque où son père l’avait envoyé chez les Séraphins. Il était le cadet de la fratrie et, comme il était d’usage dans la petite noblesse, le cadet se devait de rejoindre les forces armées car il ne pouvait légitimement prétendre à la succession. Alors, sans grande motivation et pour faire plaisir a son père, il avait rejoint les troupes Séraphines. En ce temps là, il se contentait de fournir le travail qui lui était demandé, ni plus, ni moins. Ses instructeurs disaient de lui qu’il était paresseux, bon à rien et lâche. Cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Moins il en faisait, moins on lui en demandait. Rudement intelligent pour son âge, sa seule passion était l’étude des tactiques et stratégies militaires. Il avait parcouru un nombre impressionnant de livres et de traités militaires, il s’était intéressé aux campagnes contre les Centaures, contre le Manteau Blanc et contre les Destructeurs. Au grand dam de ses instructeurs il passait plus de temps aux archives que sur le terrain d’entrainement et chacun pensait qu’il ne ferait pas un bon soldat. Il était égoïste, et ne se souciait pas de ses camarades, pour lui ils n’étaient que des simples d’esprit, incapable même d’écrire leur propre nom. La plupart d’ascendance paysanne, il avait apprit à développer envers eux un mépris et une ignorance totale. Alors, un beau soir, tout les cadets s’étaient réunis en secret, dans l’écurie et ils avaient établis un plan pour se venger.

Au milieu de la nuit, certains se faufilèrent dans le dortoir, il se saisirent du jeune Adhémar qui dormait paisiblement. Bâillonné, ligoté, il le menèrent en dehors de la caserne, dans un parc obscur ou personne ne l’entendrait crier. Alors, chacun leur tour, ils virent lui asséner des coups de pied et de poing. Le jeune noble ne criait pas, le bâillon n’était pas utile. C'est pourquoi le chef de se rassemblement vengeur, un jeune orphelin de deux ans son aîné, le lui avait retiré et le regardait, le visage goguenard.

- On fait moins son intéressant, hein le noblion !

Une assertion qui n’eut pour effet que de déclencher un rire méprisant du jeune Adhémar :

- Détache moi un peu et on verra qui fait son intéressant Larson !

Et l’autre, trop content de pouvoir encore profiter de la situation, eut tôt fait de lui défaire ses liens et de lui jeter son sabre de bois.

- C’est un duel que tu veux Adhémerde ?

Encore ce sobriquet insultant… Adhémar, habituellement, ne s’en préoccupait pas le moins du monde. En fait, il considérait ça comme une preuve supplémentaire de leur infériorité. Mais ce soir là c’était trop. Par fierté, il n’avait pas émit le moindre son de douleur, mais ses côtes le faisait souffrir, son orgueil était brisé et il ne pouvait plus souffrir d’être proche de ces gueux. D’un geste, il se saisit du sabre d’entrainement et se mit en garde. L’autre, avait déjà emprunté un autre sabre à un camarade, et sans préavis, il se jeta sur Adhémar.

Mais Adhémar n’était pas fils de paysan, d’artisan ou de bourgeois. Il était le cadet des De Molay, et à ce titre, il avait reçu, dès son plus jeune age, de nombreuses leçons d’escrime. En fait, il se pensait bien être le meilleur de la caserne, peut-être même meilleur que certains de ses instructeurs. Mais, pour être tranquille, il avait choisi de faire semblant. Et cela avait toujours fonctionné. Cette fois-ci, en colère, il choisit de dévoiler son jeu... Il subissait les assauts de Larson et, sans aucun peine, il le contrait, l’esquivait et le frappait. Il prenait un malin plaisir à le tourner en bourrique devant tous les autres. Pire que tout il prenait un plaisir presque sadique à l’humilier. L’autre, criait sa rage, et donnait des coups de plus en plus puissants. Quand Adhémar en eut assez, il enroula le sabre de bois de Larson avec le sien d’un mouvement de poignet fluide et l’envoya voler dans les airs. C’était la botte secrète de sa famille, imparable pour un non initié. Pour terminer, il asséna un puissant coup de pied dans le torse de Larson, qui alla se cogner contre un tronc d’arbre. Ils étaient tous béats. Certains s’étaient reculés surpris par ce retournement de situation.

- Qu’est-ce que vous attendez ? Choppez le !

Larson avait hurlé ses ordres et les plus fidèles de ses amis s’était déjà jetés sur le jeune Adhémar qui allait encore passer un sale quart d’heure. Il ne pourrait leur tenir tête à tous. Mais, alors qu’ils l’avaient déjà saisit, une voix aiguë retentit dans le parc. La colère déformant ses traits, les cheveux attachés en une longue queue de cheval, une fille se tenait là, les bras croisés.

- Lâchez le bande de crétins ou j’appelle la garde !

Elanna. La belle, la gentille, la douce mais dangereuse Elanna. C’est à cette époque qu’il l’avait rencontrée. Elle lui avait évité une sacrée correction. Un peu moins âgée que lui, elle était beaucoup plus mature et avait déjà prévue toute sa vie. Elle serait guérisseuse, elle soignerait les gens, soulagerait leurs peines. Ils passèrent beaucoup de temps ensemble. Ils grandirent ensemble. En sa compagnie, Adhémar apprit la générosité, la compassion, il se radoucit et laissa ses rancœurs de coté. Tout les soirs, il faisait le mur pour la rejoindre dans ce parc et, regardant les étoiles, ils refaisaient le monde. Pour la première fois de sa vie, Adhémar désirait briller. Plus pour l’impressionner que pour sa propre satisfaction personnelle. Il parvint à se hisser au sommet de sa section. On lui confia le commandement d’une escouade, puis d’une compagnie. Quand il fut officier, on le chargea de la défense d’un fort. Peu à peu il progressait dans la hiérarchie Séraphine alors même qu’ Elanna devenait une guérisseuse de renom et travaillait beaucoup avec les forces armées de la reine. Elle devint très vite la guérisseuse du régiment d’Adhémar, ils ne se quittaient plus. Bientôt il se fiancèrent. A cette époque Adhémar était heureux…

Le choc ramena Adhémar à la réalité. Il avait heurté une marche. Inconsciemment, son corps l’avait mené à cet endroit alors qu’il était perdu dans ses pensées. Tout autour de lui, les oiseaux chantaient et sifflaient. Les grillons s’en donnaient à cœur joie. Il était sortit de la ville. Du coin de l’œil, il repéra ce qu’il cherchait et s’en approcha.

Il s’agenouilla devant la pierre tombale et comme à son habitude, il sortit un mouchoir pourpre brodé du prénom Elanna. Les larmes lui venaient toujours quand il était ici. La main sur la pierre, regardant avec tristesse le nom gravé, il pleurait tout son saoul. Elanna, ou ce qu’il en restait, reposait ici… Il y resta des heures. Quand il ne put plus pleurer il resta simplement là, à se morfondre. C’était toujours comme ça. Mais pas cette fois-ci. Quelques rangées de pierre devant lui se tenait un Norn, grand et puissant. Lui, parlait à voix haute, au défunt certainement.

- Voilà fils. Je vais repartir chez les miens, à Hoelbrak. Je tenais à te le dire. Je ne peux plus rester ici. Sans toi c’est plus pareil. Tu as laissé de nombreuses âmes en peine. Les Lucioles… Les lucioles tiennent le coup, comme toujours. Avec eux, ta sœur est entre de bonnes mains. Elinne est maintenant sous le patronage de Snow. Je crois que tu as réussi, la petite retrouve le goût de la vie. Alors je te dis adieu Keneth. J’espère que tu es en paix parmi les Stark.

« Keneth… Stark ? ». Adhémar leva la tête, il se redressa et jeta un regard en coin au Norn qui prenait la direction de la sortie du cimetière, sans se préoccuper de l’humain. Ce nom rappelait quelque chose à Adhémar. Oh oui… Il n’avait pas pu oublier cette nuit là. Il s’approcha de la tombe, se replongeant, une fois de plus, dans le passé.

Allongé sous son buisson, il regardait Elanna, en contre bas, être saisie par les cheveux et traînée hors de la cage. Tout autour, les centaures se gaussaient. Ils piétinaient d’impatience. Adhémar ne pouvait supporter ça. Il ne resterait pas là, à la regarder être torturée puis massacrée. N’écoutant pas les supplications de son corps, il se releva. De son bras valide, il défit les attaches de son plastron qui tomba au sol dans un fracas métallique.

Elle lui avait tout donné. Elle lui avait tout appris. Elle était tout pour lui. Elle valait plus que sa vie. Un rugissement puissant. Un rugissement de lion. Un cris de haine et de désespoir qui jaillissait de sa gorge. Un hurlement qui eut tôt fait de le faire remarquer par les bêtes. C’était le but escompté. Une diversion qu’il offrait à Elanna pour s’enfuir. Il n’avait pas d’armes alors il se saisit du mat de l’étendard, toujours là, au sol. Les centaures le regardaient encore incrédules devant une telle stupidité quand il se mit en marche, à leur rencontre. Il ne courrait pas. Il ne le pouvait pas. Mais il avançait, en boitillant. Les sabots se mirent à gratter le sol, des cris jaillirent, des armes s’entrechoquèrent puis les centaures chargèrent. Une marée vivante. Le bruit des centaines de sabots qui heurtaient le sol devait résonner jusqu’au Promontoire. Mais dans le camp, presque plus personne. Et les quelques gardes restant ne se préoccupaient absolument pas d’Elanna. « Allez mon amour ! Profite de cette occasion ! Jette toi dans la rivière et laisse toi porter par les rapides… » Adhémar le pensait si fort, comme s’il pouvait transmettre ses pensées. Mais Elanna ne bougeait pas, elle restait face contre terre, immobile. « Non ! Non ! Non ! NON ». Les centaures effectuaient déjà une manœuvre visant à encercler le stupide humain quand il hurla son nom :

- ELANNAAAAA !

Elle reconnu instantanément cette voix et leva la tête pour voir son fiancé sur le point d’être massacré. Elle avait toujours été vive et courageuse. Cette fois ne fut pas une exception. Se levant d’un bon, elle se jeta sur l’un de ses geôliers lui tournant le dos. Elle planta sans mal sa propre épée à travers son torse. Puis, s’enfuit vers la rivière du mieux qu’elle pouvait, affaiblie par les mauvais traitements et la captivité. Elle allait l'abandonner à la mort, elle le savait. Il donnait sa vie pour elle, comment gâcher un tel sacrifice ? Ses jambes courraient mais son cœur revenait en arrière, elle était déchirée par la peine. Elle ne se serait jamais crue capable d'une telle lâcheté...

Il avait réussi. Il jubilait. Du haut de sa colline il voyait Elanna sur le point de se jeter à l’eau, elle allait être sauvée. Les Centaures étaient sur lui. La dernière chose qu’il vit fut le javelot traverser la poitrine d'Elanna, en contrebas. Comme au ralentit, il vit le corps, figé dans une position de surprise et de douleur, basculer dans l’eau, le javelot le traversant de part en part. Et, dans un "plouf" sonore, il disparut sous l'eau et fut emporté par le courant.

Les centaures l’avaient encerclé. Il s’étaient arrêtés. Tous jubilaient, un sourire sadique aux lèvres, quand les derniers centaures montèrent la colline au galop : il n’avaient plus rien à garder. C’était terminé. Adhémar ne réalisait pas vraiment mais le désespoir l’assaillit soudainement, toute chaleur semblait avoir quitté son corps. Il laissa tombé l’étendard et se contenta d’un regard chargé de haine dirigé contre les centaures. Qu’ils le tue, lui aussi, il n’en avait que faire. Il s’écroula au sol, prostré, il attendait que la mort vienne. Il ne voulait plus que la rejoindre dans l’autre monde.

Il avait toujours été un garçon renfermé. Ses parents le disaient insensible, incapable d’émotions. Si l’amour d’Elanna avait éveillé en lui la joie et l’empathie, sa mort lui enseigna la peine et le desespoir. Pour la première fois de sa vie, il pleurait. Il attendait la mort, il suppliait pour qu’elle vienne vite. Les centaures hurlaient de rire devant un tel spectacle. Imaginez plusieurs centaines de bêtes cruelles, riant cruellement en chœur. Puis l’un d’eux s’avança et pointa son mousquet sur la tête d’Adhémar.

- CHAAAAARGEZ !

Une voix claire et puissante. Un timbre chargé de confiance et de haine. Puis ce fut le chaos. Les centaures rompirent la formation, des flèches tombaient, des mousquets tiraient, des javelots volaient. Le bruit caractéristique d’une charge menée à pied et les hurlements d’hommes et de femmes invectivant les centaures. Des chocs métalliques. Des cris et des gémissements. Dans le chaos ambiant, toujours prostré, Adhémar aperçu un étendard noir et écarlate ornementé d’un cygne argenté. Au sommet de la colline, un homme jeune, en armure faite d’argent et d’or, donnait ses instructions en hurlant. Derrière lui, d’autres venaient. Les archers et les mousquetiers lançaient des salves discontinues de projectiles. Leurs guerriers repoussaient peu à peu les centaures vers le bas de la vallée où il étaient décimés par les flèches et les balles. Bien qu’inférieur en nombre, cette drôle de compagnie parvint à repoussé les centaures et en extermina une bonne moitié.

La compagnie du Cygne Iridescent et son commandant, Keneth Stark.
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